Liban 2026: l'hostie intacte de l'Église Saint-Georges

29/08/2026

Le 17 avril 2026, le père Marios Khairallah a découvert le Saint-Sacrement complètement intact dans les décombres de l'église grecque-catholique melkite de Tibnine, totalement détruite après mes bombardements de l'armée israélienne. Le pain est resté sans aucune présence humaine pendant 47 jours.

Eglise Saint-Georges détruite (photo du Père Marios Khairallah)

Contrairement aux hosties latines plates, le pain eucharistique melkite est fait avec du levain, ce qui rend sa conservation (absence de moisissure) encore plus surprenante. Une statue de la Vierge Marie a également été retrouvée intacte dans les ruines, comme "la mère qui attend ses enfants". Une présence silencieuse au cœur du désastre, pour le père Marios Khairallah.

Le Père Marios Khairallah

«Après 47 jours, il est scientifiquement impossible d'expliquer pourquoi le pain ne s'est pas avarié. Mais pour nous, cela n'a rien d'étrange, car nous croyons qu'il s'agit du Corps du Christ. C'est notre foi, et ce n'est ni nouveau ni inhabituel. Nous croyons en la présence de Dieu dans l'Eucharistie», a déclaré le prêtre suite à cette découverte.

Le P. Khairallah a également évoqué la situation des habitants. La ville de Tibnine abrite environ 55 familles gréco-catholiques qui ont fui la région, se dispersant chez des proches, dans des logements loués, des écoles, des monastères ou chez des amis. La ville manque d'eau courante, d'électricité, d'internet, et il fait encore froid. L'aide humanitaire existe, mais demeure malheureusement très limitée en raison de la dangerosité des déplacements.

Plusieurs roquettes sont tombées sur Marjayoun, ville à majorité chrétienne située au Sud-Liban, dans la nuit du 28 au 29 mai. Les tirs ont endommagé l'école des sœurs des Saints-Cœurs ainsi que l'église grecque-orthodoxe Saint-Georges, classée au patrimoine historique libanais. Aucun bilan humain n'a été communiqué à ce stade, mais les dégâts ont profondément marqué les habitants de cette région déjà fragilisée par les tensions persistantes à la frontière sud du pays.

Les attaques s'inscrivent dans le contexte du conflit opposant le Hezbollah à l'armée israélienne, qui connaît une intensification régulière depuis plusieurs mois. Comme dans de nombreuses localités frontalières, les habitants de Marjayoun vivent au rythme des bombardements, des alertes et de l'incertitude quotidienne. "Cette zone est en ligne de front. Les habitants sont coupés du reste du pays, privés de ressources et menacés de disparaître", alerte Vincent Gelot, directeur Liban de L'Œuvre d'Orient, qui se dit "très inquiet pour cette région".

Selon un communiqué de L'Œuvre d'Orient, ces actes de guerre qui menacent directement les populations civiles et détruisent leurs lieux de vie, d'éducation et de culte, contribuent à pousser les familles restées sur place vers l'exode, alors même que beaucoup tentent de préserver une présence chrétienne historique dans cette région du Liban. "Les populations locales doivent pouvoir vivre en sécurité et rester sur leurs terres", rappelle l'association, qui appelle également à un retour rapide à la paix.

L'école des sœurs des Saints-Cœurs occupe une place centrale dans la vie locale. L'établissement accueille des élèves chrétiens, sunnites, chiites et druzes et avait déjà été touché durant la guerre civile libanaise. Pour Vincent Gelot, ces écoles représentent bien plus qu'un simple lieu d'enseignement. "Les écoles sont le ciment de cette région parce qu'elles accueillent des enfants de plusieurs confessions. Elles sont la raison de rester de ces familles. Si ces écoles viennent à fermer ou ne plus fonctionner, le risque, c'est que le village meure derrière", insiste-t-il.

À Marjayoun, où l'église Saint-Georges représente un symbole religieux et patrimonial majeur, l'émotion reste vive après cette nuit de bombardements. "Les gens sont au bord de la rupture parce que cela fait trois ans que cette région est en guerre", poursuit Vincent Gelot, qui craint que "ces bombardements qui touchent ces lieux de vie et de culte poussent à l'exode ce qu'il reste de chrétiens parmi les habitants". Au-delà des bâtiments touchés, c'est tout un héritage culturel, religieux et humain qui se retrouve aujourd'hui menacé par la poursuite des combats.

Rapporté par des médias comme Aleteia et Zenit, cet événement est perçu par les fidèles comme un message fort d'espérance. L'Église catholique doit encore mener un discernement approfondi pour confirmer s'il s'agit officiellement d'un miracle eucharistique.

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