Fatima 13 octobre 1917 : enquête sur les preuves du miracle de Dieu
Quelles sont les preuves du miracle de Fatima le 13 octobre 1917 au lieu dit Cova da Iria? La Sainte Vierge avait prévenu le 13 juillet 1917 lors de son apparition: "En octobre (...) je ferai un miracle que tous pourront voir pour croire." Et le 13 octobre, l'extraordinaire est bien au rendez-vous, prouvant l'existence de Dieu. Démonstration point par point.

God and the Sun at Fátima (1999), écrit par le père Stanley L. Jaki (prêtre bénédictin, physicien et historien des sciences renommé), est considéré par de nombreux chercheurs comme l'analyse scientifique et rationnelle la plus rigoureuse du miracle du 13 octobre 1917.
INTRO : SYNTHÈSE
I. Le miracle de Fatima avait déjà été annoncé le 13 août 1385 à Cova da Iria
II. Les conditions idéales réunies pour trancher sur la véracité du miracle du 13 octobre 1917
III. Le témoignage exceptionnel du professeur Joseph Garett sur place
IV. Le récit fédérateur de Casimir Barthas sur place
V. Les nombreux rapports concordants
VI. Ce que prouvent les photos prises sur les lieux
VII. Le miracle validé par l'Église et par élimination des autres thèses impossibles
VIII. Le pape Pie XII voit le même soleil qui danse en 1950 mais aussi le Christ


SYNTHÈSE
Les preuves historiques entourant le Miracle du soleil du 13 octobre 1917 à Fatima reposent principalement sur une convergence exceptionnelle de témoignages directs, de documents journalistiques d'époque et de constatations physiques. L'Église catholique a officiellement reconnu le caractère surnaturel de l'événement en 1930, sans avoir enquêté sur la "nature miraculeuse ou non" du phénomène céleste. C'est le fait historique le plus considérable depuis la résurrection et l'ascension de Jésus-Christ. Voici les principaux éléments documentés, dans des conditions idéales pour trancher sur la véracité du miracle:
1. Une prédiction publique et datée à l'avance
- L'annonce prophétique du 13 août 1385 à Cova da Iria
- L'annonce préalable: dès le mois de juillet 1917, les trois jeunes bergers (Lucie, Jacinthe et François) qui affirment que la Vierge Marie leur a promis un miracle précis le 13 octobre à midi, afin que «tous croient».
- La mobilisation de masse: c'est cette annonce précise qui explique pourquoi une foule immense s'est déplacée. Si rien ne s'était produit, l'histoire des apparitions se serait arrêtée ce jour-là.
2. Une foule immense et diversifiée de témoins
- Le nombre: les historiens et les autorités estiment la foule présente à la Cova da Iria entre 50 000 et 70 000 personnes.
- La mixité sociale: contrairement à d'autres événements religieux, la foule n'était pas composée uniquement de croyants convaincus. Elle comprenait de nombreux curieux, des athées, des opposants à l'Église, ainsi que des scientifiques, des médecins et des journalistes venus pour assister à la supercherie attendue.
Les témoignages exceptionnels du professeur Joseph Garett sur place et de Casimir Barthas sur place
3. Les comptes-rendus de la presse laïque et anticléricale
- Le témoignage d'Avelino de Almeida: il était le rédacteur en chef d'O Século, le grand journal de Lisbonne, ouvertement pro-gouvernemental et anticlérical. Venu pour critiquer la crédulité populaire, il a lui-même observé le phénomène et a publié en première page un récit frappant décrivant comment le soleil avait « dansé » et tremblé dans le ciel, stupéfiant la foule.
- Les photographies d'époque: plusieurs clichés pris par les reporters montrent la foule en transe, les yeux fixés vers le ciel sans aucune protection, un comportement normalement impossible sous un soleil de plomb sans subir de graves brûlures oculaires.
4. La description concordante du phénomène
- Les milliers de témoignages concordent sur le déroulement exact des faits pendant environ dix minutes.
- L'arrêt de la pluie: alors qu'une pluie torrentielle tombait depuis le matin et que le sol était transformé en bourbier, les nuages se sont brutalement déchirés.
- La «danse» du soleil : le soleil est apparu comme un disque d'argent pâle, observable sans blesser les yeux. Il s'est mis à tourner rapidement sur lui-même comme une roue de feu, projetant des faisceaux lumineux de toutes les couleurs (bleu, jaune, violet) sur la foule et le paysage.
- La chute apparente: l'astre a semblé soudainement se détacher du firmament et plonger en zigzag vers la terre, provoquant un mouvement de panique générale, les gens pensant que c'était la fin du monde.
- Le séchage instantané: immédiatement après l'événement, la foule a constaté avec stupeur que le sol détrempé et leurs vêtements, gorgés d'eau quelques minutes plus tôt, étaient totalement secs.
5. Les photos authentiques et l'observation à distance
Ce que prouvent les photos prises sur les lieux
- Hors du site de Fátima: le phénomène n'a pas été une hallucination collective limitée à la cuvette de la Cova da Iria. Des témoins situés dans des villages voisins, à plusieurs kilomètres de là (comme à Alburitel), ont décrit avoir vu exactement les mêmes anomalies solaires, éliminant l'hypothèse d'une suggestion psychologique de masse localisée.
6. L'explication scientifique face au miracle
- D'un point de vue purement scientifique, les observatoires astronomiques mondiaux n'ont enregistré aucun mouvement réel du soleil ce jour-là. Le phénomène était donc purement atmosphérique ou optique, limité à cette région du Portugal. Les sceptiques évoquent parfois une parhélie (phénomène d'optique) ou une illusion causée par la fixation prolongée du soleil.
- Toutefois, aucune de ces théories n'explique pourquoi le phénomène s'est produit exactement au jour et à l'heure prédits trois mois à l'avance devant des dizaines de milliers de personnes, ni le mouvement en zig-zag du "soleil" se détachant du ciel pour gagner la terre.
- L'hypothèse d'un phénomène OVNI ou extra-terrestre est intéressante mais pas concluante
- Le miracle est validé par élimination des autres thèses impossibles.
Cinq des six apparitions de Notre Dame, à l'exception de l'apparition d'août, se déroulèrent à deux kilomètres environ du village natal des enfants, Aljustrel, en un lieu appelé par la population locale Cova da Iria, ce qui signifie: cuvette d'Irène. Il s'agit en effet d'une vaste cuvette circulaire de près de 500 mètres de diamètre, sur la partie sud-est du plateau où est situé la paroisse de Fatima.

Ville d'Aljustrel en 1914
«La Cova da Iria est de fait une vaste conque entourée de petites élévations; le tout forme un magnifique amphithéâtre naturel capable de contenir des foules très nombreuses. Depuis trois générations, la famille dos Santos (famille de Lucie) possédait tout l'espace compris entre le fond de la cuvette et le sommet où a été construite la basilique de Notre Dame du Rosaire. Ce lieu était ombragé par des chênes verts.» (F. Carret-Petit: «Le Lourdes portugais: Notre Dame du Rosaire de Fatima», Bonne Presse, Paris, 1943, 205 pages; page 13.)

La population locale lui avait donné le nom d'Irène, en hommage à la belle et grande vierge, martyre chrétienne de la région, Sainte Irène, qui vécut au VIIe siècle et «dont le corps fut enseveli avec honneur à Scalabis, ville honorée plus tard du nom de la sainte», fêtée le 20 octobre. Il s'agit de la ville de Santarém (contraction de Santa Iria) qui est aujourd'hui le chef-lieu du district administratif où est situé Fatima.

Premiers pèlerins à Cova da Iria, sur le lieu aride des apparitions
Peu après les apparitions de 1917, le journal O Mensageiro donna cette description de la zone: "Le lieu appelé Cova da Iria est affreux… Assez aride, sans eau, la montagne de Fatima ou de Reguengo n'a rien d'admirable: chênaies, amoncellements de rochers, pinèdes et, çà et là, lopin cultivé. C'est une cuvette sans horizon lorsqu'on passe par la route qui va de Fatima à Ourem. Il y a une végétation montagnarde" (cité par Frère François de Marie des Anges: Fatima, joie intime, événement mondial, CRC, Saint Parres lès Laudes, France, 2ème édition, 1993, 455 pages, en note 3 de la page 41. bataille d'Aljubarrota 14 août 1385).
Le film de la reconstitution scénarisée
Comme pour Lourdes, Notre Dame choisit donc un lieu solitaire, sans attrait, désolé et oublié des hommes, pour apparaître à trois petits pastoureaux illettrés et leur délivrer un message capital destiné à toute l'Eglise et toute l'humanité. Ainsi se vérifie une nouvelle fois la parole de Saint Paul, dans sa première Epître aux Corinthiens (I27-29): «Ce que le monde tient pour insensé, c'est ce que Dieu a choisi pour confondre les sages; et ce que le monde tient pour rien, c'est ce que Dieu a choisi pour confondre les forts; et Dieu a choisi ce qui dans le monde est sans considération et sans puissance, ce qui n'est rien, pour réduire au néant ce qui est, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu.»

Il semble bien que ce lieu dit Cova da Iria ait attiré la prédilection de Dieu des siècles à l'avance, comme le laisse supposer l'émouvant témoignage suivant, daté de 1989, tout à fait crédible et digne de foi, qui relate la prophétie d'un grand miracle en ce lieu par le bienheureux Nuno Alvares Pereira, béatifié le 23 janvier 1918 par le pape Benoît XV, qui joua dans l'histoire du Portugal exactement le même rôle que notre Sainte Jeanne d'Arc dans notre histoire de France:
«J'ai soixante ans, puisque je suis né le 4 avril 1928. J'ai demandé au Sacré-Cœur de Jésus et au Cœur Immaculé de Marie de m'aider à rédiger ce que je vais raconter. Le jour de Noël, à la Messe de l'Aurore, quand j'ai reçu Notre Seigneur, je Lui ai demandé la lumière pour bien faire ma narration. (…) Bien que maintenant je vive à Parede [Nord du Portugal, région de Porto], je suis originaire de la bourgade de Vale Travesso, qui est située à cinq kilomètres de Vila Nova de Ourem et à treize kilomètres de la Cova da Iria.
Mon grand-père s'appelait Jacinto Cruz et il était laboureur, homme plein de foi et très dévot. Il avait cinq filles – parmi lesquelles ma mère qui s'appelait Anna da Cruz – et un seul fils. Au temps des apparitions, mon oncle était à la guerre en France d'où il revint avec une parfaite santé, émigrant ensuite au Brésil. A cette époque, mon grand-père était l'unique homme qui savait lire dans ce coin de terre. Un jour, je lui en ai demandé la raison:
- Quand tu seras plus grand, je te raconterai une histoire très belle, répondit-il. Comme tu aimes Fatima, tu apprécieras cette histoire ;
– J'ai déjà fait la quatrième classe, c'est pourquoi tu pourrais bien me raconter l'histoire, répliquai-je ;
– Tu n'as que douze ans, c'est trop jeune pour comprendre.
Quand j'eus quinze ans, il me dit :
– Maintenant je deviens vieux et mon fils ne s'intéresse à rien de ce que je lui dis.
Il sortit alors d'un bahut plusieurs feuilles dures et un livre.
– C'est pour savoir lire ce livre que toutes les personnes de sexe masculin de notre famille, depuis des siècles, apprennent à lire.
Les grandes feuilles étaient un genre de parchemin en peau d'agneau, écrites avec du sang, comme le déclara mon grand-père. Elles avaient beaucoup de vrillettes noires, mais les terres étaient marquées en rouge. J'ai appelé ces feuilles une carte; mon grand-père trouva ce nom charmant, mais il leur avait donné un autre nom dont je ne me souviens plus. Là était marqué le chemin que parcourut l'armée du Saint Connétable (nom communément donné au Portugal au Bienheureux Nuno Álvares Pereira), quand elle se rendit à la bataille d'Aljubarrota: la ferme appelée dos Castelhinos, la ferme appelée Corredoura, le bourg d'Atouguia marqué avec une église, une tour et sept moulins, et Fatima avec une grande marque et deux moulins.

Illustration - Le 13 août 1385, Nuno Álvares Pereira invoque solennellement la protection de la Vierge Marie sur le plateau de Fátima, la veille de la décisive bataille d'Aljubarrota, qui assurera la victoire et l'indépendance du Portugal. Le roi Jean Ier et le Saint Connétable n'ont cessé de placer l'armée portugaise sous la protection mariale.
En plus de ce guide, ou carte, il y avait un livre écrit à la main sur un papier très obscur, laid et vieux. C'était comme un cahier avec des couvertures de tissu noir, cousu au fil de pite, comme me l'expliqua mon grand-père. L'écriture comportait beaucoup de P et de H avec une calligraphie très ancienne. Je ne pus rien lire.
Mon grand-père me raconta que dans ce livre – que lui-même comprenait -, il était écrit que le 13 août 1385, alors que l'armée portugaise passait par Fatima, au lieu où maintenant se trouve la Cova da Iria, les chevaux s'agenouillèrent. Le Saint Connétable annonça alors qu'il y aurait plus tard, en ce jour et en ce même lieu, un grand miracle.
La bataille d'Aljubarrota se déroula le jour suivant. Rappelons que le 13 août 1917, les trois enfants témoins de l'apparition mariale sont arrêtés par les autorités civiles et mis en prison durant deux jours, provoquant un début d'émeute populaire avant le miracle d'octobre, des bruits courant alors que des groupuscules anarchistes viendraient le 13 jeter des bombes sur les fidèles rassemblés à Fatima.
C'est l'un de nos ancêtres, qui faisait partie de «A Ala dos Namorados» de l'armée, qui écrivit à la main le livre qu'il a laissé à ses successeurs. C'est pour savoir ce qu'il y avait écrit dedans qu'apprenaient à lire – comme je l'ai déjà dit – les enfants mâles de la famille.
Mon grand-père mourut alors que j'avais seize ans.
Un jour, ma mère est arrivée à la maison très accablée parce que ma grand-mère avait allumé le feu avec le parchemin et ces vieux papiers que mon grand-père gardait dans le bahut et qui étaient passés de père en fils depuis des siècles. Alors, comme il y avait déjà eu le miracle à la Cova da Iria, et qu'eux-mêmes l'avaient vu, ma grand-mère déclara que cela ne valait pas la peine de garder plus longtemps ces vieilles feuilles. J'y suis alors allée pour voir si on pouvait sauver quelque chose mais tout était brûlé. Aujourd'hui, j'ai beaucoup de peine de ce qui est arrivé mais il n'y a pas de remède.»
II. Les conditions idéales réunies pour trancher sur la véracité d'un miracle
- Ce prodige s'est passé au XXième siècle dans un pays européen, donc ni dans des temps lointains ni dans des contrées reculées
- Il a eu lieu devant une foule énorme comprenant des journalistes et des photographes
- Il a été annoncé longtemps à l'avance
- Ce sont des enfants pauvres et illettrés qui se sont fait l'écho de cet évènement hors du commun, et ils n'en ont retiré aucun bénéfice personnel
- Une foule d'opposants résolus y a assisté
- Le contexte anticlérical garantit la valeur des témoignages des personnes ayant assisté à l'évènement, en particulier celles hostiles à toute idée de miracle
III. Le témoignage exceptionnel du professeur Joseph Garett sur place
Le 13 octobre 1917 vers midi, la Cova da Iria, prairie pauvre et habituellement déserte, non loin du petit village de Fatima (à 160km au nord de Lisbonne) est noire de monde. 70.000 personnes, selon le docteur Joseph Garrett, professeur de sciences naturelles à l'université de Coimbra en ancien mathématicien, qui est présent ce jour-là.

Ils sont à deux heures de marches d'Ourem, le bourg le plus proche, c'est pourquoi le bus de la ville de Torres Nova a été mobilisé pour l'occasion. Il dénombre plus de 100 automobiles, 135 bicyclettes, 240 voitures à traction animale. La pluie tombe sans discontinuer depuis 8h30 ce matin-là et la foule est trempée.

Voici son témoignage (vérifié dans Novos Documentos de Fatima, Éditions Loyala, San Paulo, 1984 - extrait du cache de fatima.org):
"Je regardais le lieu des apparitions, dans une attente sereine, bien que froide, de quelque chose qui se passe, et avec une curiosité décroissante, parce que beaucoup de temps s'était écoulé sans rien pour attirer mon attention. Puis j'ai entendu un cri de milliers de voix et j'ai vu la foule soudainement détourner son dos et ses épaules du point vers lequel elle avait dirigé son attention jusqu'à présent, et se tourner pour regarder le ciel du côté opposé.
Le miracle du soleil
Il devait être presque deux heures à l'heure légale, et vers midi au soleil. Le soleil, quelques instants auparavant, avait traversé l'épaisse couche de nuages qui le cachait, et brillait clairement et intensément. Je me suis tourné vers l'aimant qui semblait attirer tous les yeux, et je l'ai vu comme un disque avec un bord épuré, lumineux et brillant, mais qui ne faisait pas mal aux yeux. Je ne suis pas d'accord avec la comparaison que j'ai entendue faire à Fatima - celle d'un disque d'argent terne. C'était une couleur plus claire, plus riche, plus brillante, ayant quelque chose de l'éclat d'une perle.

Illustration se rapprochant du phénomène rapporté, mais sans les rayons lumineux autour, car les "bords étaient bien définis"
Illustration disque de nacre
Il ne ressemblait pas du tout à la lune par une nuit claire parce qu'on la voyait et qu'on sentait qu'il s'agissait d'un corps vivant. Il n'était pas sphérique comme la lune, et il n'avait pas la même couleur, ton ou ombre. Ça ressemblait à une roue émaillée en nacre. Il ne pouvait pas non plus être confondu avec le soleil vu à travers le brouillard (il n'y avait pas de brouillard à l'époque), car il n'était pas opaque, diffus ou voilé. À Fátima, il a donné de la lumière et de la chaleur et est apparu clairement coupé avec une borde bien définie. (Commentaire: ce qui implique une absence de rayonnement flou, une frontière géométrique parfaite et la possibilité de le regarder en face.)

Vitrail dans la basilique de Notre-Dame du Rosaire au sein du Sanctuaire de Fatima (Portugal). Les lignes tourbillonnantes et les étoiles dans la partie supérieure de l'oeuvre symbolisent le phénomène solaire, tel que décrit par les témoins agenouillés, levant les yeux vers le ciel, où un "soleil" flamboyant irradie des rayons colorés.

Illustration/reconstitution
Une couleur merveilleuse
Pendant le phénomène solaire, que je viens de décrire en détail, il y a eu des changements de couleur dans l'atmosphère. En regardant le soleil, j'ai remarqué que tout autour devenait sombre. J'ai d'abord regardé les objets les plus proches, puis j'ai étendu mon regard plus loin jusqu'à l'horizon. J'ai tout vu d'une couleur d'améthyste (commentaire: nuance de violet moyennement foncé, à la fois noble et lumineuse). Les objets autour de moi, le ciel et l'atmosphère, étaient de la même couleur. Un chêne à proximité a jeté une ombre de cette couleur sur le sol.

Améthyste
Craignant de souffrir d'une affection de la rétine, une explication improbable parce que dans ce cas, on ne pouvait pas voir les choses de couleur violette, je me suis détourné et j'ai fermé les yeux, gardant mes mains devant elles pour intercepter la lumière. Le dos toujours tourné, j'ai ouvert les yeux et j'ai vu que le paysage était de la même couleur violette qu'avant. (Commentaire: on parle d'effet de lentille ou de spirale, avec des bandes de couleurs - comme le violet améthyste, le jaune ou le bleu - qui se projettent sur la foule, tout en gardant le centre du soleil parfaitement délimité et observable à l'œil nu.)

Illustration/reconstitution
Aucune hallucination
En fait, tout, à la fois proche et lointain, avait changé, prenant la couleur du vieux damas jaune. Les gens avaient l'air de souffrir de jaunisse, et je me souviens d'une sensation d'amusement de les voir si laids et peu attrayants. Ma propre main était de la même couleur. Tous les phénomènes que j'ai décrits ont été observés par moi dans un état d'esprit calme et serein, et sans aucune perturbation émotionnelle. C'est aux autres de les interpréter et de les expliquer."

IV. Le récit fédérateur de Casimir Barthas sur place
Un des récits les plus complets et plus éloquents est celui du chanoine Casimir Barthas, dans son livre Il était trois petits enfants, éditions Résiac, 1940:
"Tout à coup, la pluie s'est arrêtée et les nuages, opaques depuis le matin, se sont dissipés. Le soleil apparaît au zénith, semblable à un disque d'argent que les yeux peuvent fixer sans être éblouis et, aussitôt, il se met à tourner sur lui-même comme une roue de feu projetant dans toutes les directions des gerbes de lumières dont la couleur change plusieurs fois. Le firmament, la terre, les arbres, les rochers, le groupe des voyants et la multitude immense apparaissant successivement teintés de jaune, de rouge, de bleu, de violet...

Illustration idéalisée
L'astre du jour s'arrête quelques instants. Puis il reprend sa danse de lumière d'une manière plus éblouissante encore. Il s'arrête de nouveau pour recommencer une troisième fois ce feu d'artifice si fantastique qu'aucun artificier n'aurait pu en imaginer de semblable. Comment décrire les impressions de la foule? Extatique, immobile, retenant sa respiration, ce peuple de 70.000 voyants contemple...

Illustration idéalisée
Tout à coup, tous ceux qui composent cette multitude, tous sans exception, ont la sensation que le soleil se détache du firmament et, par bonds en zigzag, se précipite sur eux!
Un cri formidable sort à la fois de toutes les poitrines. "Miracle! Miracle!", crient les uns...; "Nous allons tous mourir!", entend-on par ici... D'autres disent: "Que c'est beau!"... Qui décrira l'état d'émotion de toute cette foule? Un vieillard, jusque-là incroyant, agite ses bras en l'air, en criant: "Vierge du Rosaire, sauvez le Portugal!" Et de tous les cotés, sur le plateau se déroulent des scènes analogues.

Illustration
La rotation du soleil, avec les intervalles, avait duré dix minutes. Elle fut observée, répétons-le, par tous les présents sans exception: croyants, incroyants, paysans, citadins, hommes de science, et même par de libres penseurs. Tous, sans préparatifs d'aucune sorte, sans autre suggestion que l'appel d'une fillette invitant à regarder vers le soleil, perçurent les mêmes phénomènes, avec les mêmes phases, au jour et à l'heure annoncés quelques mois auparavant comme ceux d'un grand prodige.

Illustration/reconstitution
Plus tard, l'enquête canonique sur le miracle permit de constater que les mouvements du soleil avaient été perçus par des personnes qui se trouvaient à 5km et plus de la Cova da Iria, ignorant par conséquent ce qui s'y passait et ne pouvant, en aucune manière, être influencée par la suggestion, ou victimes d'une hallucination collective.
L'enquête mit aussi en relief un fait fort curieux qu'attestèrent tous ceux qui furent questionnés à ce sujet. Lorsque la foule fut revenue de sa stupeur et assez consciente pour se rendre compte de ce qui se passait sur la terre, chacun constata, avec une stupéfaction nouvelle, que ses habits tout trempés par la pluie, il y quelques minutes, étaient maintenant absolument secs. Personne ne se trouvait incommodé d'avoir été tant mouillé."
Rappelons qu'un photographe professionnel avait pris la peine de transporter son matériel jusqu'à la Cova da Iria. Il existe donc des photos prises sur place lors de ce fameux 13 octobre. Par ailleurs, de nombreux témoignages ont été recueillis, jusqu'à 34km à la ronde.

1. John de Marchi (The True Story of fatima, 1947, réédition par Fatima Center, 2008, et Fatima: The Full Story, AMI Press, Washington, 1986) rapporte que le phénomène a été observé au village d'Alburitel (à 18km à l'est de Fatima), notamment par la maîtresse d'école et ses élèves, mais aussi par "un incroyant qui avait passé sa matinée à se moquer des nigauds qui étaient partis à Fatima juste pour voir une gamine ordinaire...". Lorsque le prodige survint, sa morgue s'effondra: "Il semblait maintenant comme paralysé, les yeux fixés sur le soleil. Puis il se mot à trembler de la tête aux pieds et, levant les bras au ciel, il s'est jeté à genoux dans la boue..."

2. Toujours à Alburitel: "J'avais alors 9 ans à peine, raconte l'abbé Inacio Lourenço Pereira. Je fréquentais l'école primaire de mon pays natal, petit village perché sur une colline solitaire, juste en face de la montagne de Fatima, à 10 ou 11 kilomètres de distance. Il était midi environ, lorsque subitement, nous fûmes alarmés par les cris et les clameurs des hommes et des femmes qui passaient sur la voie publique devant l'école. (...)
Dehors, sur la place, les gens rassemblés pleuraient et riaient, montrant le soleil, sans même entendre les questions que leur posait notre institutrice toute angoissée. (...) Je regardais fixement l'astre; il me paraissait pâle et privé de son éblouissante clarté; Il semblait un globe de neige tournant sur lui-même. Puis, tout à coup, il parut descendre en zigzag menaçant de tomber sur la terre. Affolé, absolument affolé, je courus me mettre au milieu des gens.
Tous pleuraient, attendant d'un moment à l'autre la fin du monde. (...) Pendant les longues minutes du phénomène solaire, les objets placés près de nous reflétaient toutes les couleurs de l'arc-en-ciel... Nos visages étaient tantôt rouges, tantôt bleus, tantôt jaunes, etc. Ces phénomènes étranges augmentaient notre terreur. Au bout de 10mn, le soleil reprenait sa place de la même manière qu'il était descendu, toujours pâle et sans éclat." (Fatima: merveille du XXième siècle du chanoine Barthas, p.136)
3. Alfonso Lopes Vieira (1878-1946), juriste de formation, était l'un des poètes les plus célèbres du Portugal et un athée convaincu. Il avait collaboré avec le gouvernement anticlérical jusqu'en 1916, en étant rédacteur à la Chambres des députés. Il assista lui aussi au prodige depuis sa propriété de Sao Pedro de Moël, située près de Leira, à 34km de Fatima, et confia:
"En ce jour du 13 octobre, alors que je n'avais pas gardé le souvenir des prédictions des petits bergers, je fus émerveillé par un spectacle éblouissant dans le ciel, pour moi entièrement nouveau, auquel j'ai assisté de ce balcon." Il se convertira et fera même construire une chapelle dans sa propriété. Son histoire est racontée par la journaliste Paula Sofia Luz.
Les lieux cités ci-dessus sont localisés aux quatre coins géographiques et à des distances variables de Fatima. Le miracledu soleil fut donc vraisemblablement visible dans une région d'un diamètre de l'ordre de 40 kilomètres.
Un élément important marqua les esprits: le miracle du 13 octobre s'est produit exactement au jour et à l'heure annoncés trois mois plus tôt par les enfants. Ces faits étonnant ont été repris les jours suivants par l'ensemble de la presse portugaise, chrétienne comme anticléricale, puisque tous les journalistes présents ont u exactement la même chose.
4. Le journaliste anticlérical Avelino de Almeida, également témoin de l'évènement, écrit un récit sensationnel dans le quotidien laïc O Século du 15 octobre 1917, pages 353-356, qui fait alors sa une sur le miracle du soleil, avec un reportage en tout point conforme à ce qu'a vu la foule. Les photos ont été publiées un peu plus tard, dans Illustraçao Portuguesa, le 29 octobre, accompagnées d'un nouveau texte d'Avelino de Almeida sur le cas.

Une du journal O Século du 15 octobre 1917
Article intégral paru le 15 octobre 1917 (Avelino de Almeida - O Século / archives)
Choses étonnantes !
Comment le soleil a dansé en plein midi à Fatima
Les apparitions de la Vierge. - En quoi consiste le Signe du Ciel. - Plusieurs milliers de personnes se prononcent pour un miracle. - La guerre et la paix.
De notre envoyé spécial Avelino de Almeida. Ourém, 13 octobre.
En sautant du train, après un lent voyage, hier, vers 16 heures, en gare de Châo de Maçâs, où descendirent aussi de pieuses gens venues de loin pour assister au "Miracle", j'ai demandé à brûle-pourpoint à un garçon de l'omnibus régulier s'il avait déjà vu la Madone. Avec un sourire sardonique et un regard en biais, il n'a pas hésité à me répondre : « Quant à moi, je n'y ai vu que des pierres, des chars, des automobiles, des bêtes et des gens ! » Par une équivoque compréhensible, la voiture qui devait nous conduire (avec miss Judah Ruah) jusqu'à la ville ne se montre pas, et nous nous décidons à parcourir à pied courageusement quelque deux lieues, car la diligence n'a plus de places et toutes les carrioles qui attendent des voyageurs se trouvent retenues depuis longtemps.
En cours de route, nous rencontrons les premiers groupes qui se dirigent vers le lieu saint, à plus de 20 kilomètres. Presque tous, hommes et femmes, vont pieds nus - les femmes portant leurs chaussures dans un sac sur la tête, les hommes s'appuyant à de gros bâtons et faisant suivre prudemment leur parapluie. On les dirait tous étrangers à ce qui se passe autour d'eux, se désintéressant complètement du paysage comme des autres voyageurs, perdus dans un rêve, récitant leur chapelet en une triste mélopée. Une femme récite la première partie du Je vous salue ; ses compagnons, en chœur, disent la seconde partie de la supplique. D'un pas sûr et cadencé, ils frappent la route poussiéreuse qui court entre les sapinières et les oliveraies. Ils veulent arriver avant la nuit au lieu de l'apparition où, sous le serein et la froide lumière des astres, ils espèrent pouvoir dormir, en gardant les premières places auprès de l'yeuse bénie, afin de mieux voir aujourd'hui.
À l'entrée de la ville, des femmes du peuple, que le milieu a déjà contaminé d'athéisme, commentent, en blaguant, le fait du jour:
- Alors, vous allez voir demain la Sainte?
- Moi, non. Encore si elle venait ici!
Et elles rient de bon cœur, tandis que les dévots poursuivent leur chemin, indifférents à tout ce qui n'est pas l'objet de leur pèlerinage. Ce n'est que grâce à une extrême gentillesse que nous pouvons nous loger à Ourém. Toute la nuit, se rassemblent sur la place de la ville les véhicules les plus divers, transportant croyants et curieux. Il n'y manque pas de vieilles femmes vêtues de noir, pliées déjà sous le poids des ans, mais les yeux pétillants de la lumière ardente de la foi qui les a amenées à l'acte courageux d'abandonner pour un jour entier l'inséparable petit coin de leur maison. Dès l'aube, de nouveaux groupe surgissent, intrépides; ils traversent, sans s'arrêter, le patelin dont ils brisent le silence par le chant de leurs cantiques que des voix féminines, très justes, entonnent, dans un violent contraste avec la rudesse des types...
Le soleil apparaît, mais le visage du ciel présage la tempête. Des nuages noirs s'amoncellent, précisément du côté de Fatima. Rien, toutefois, ne retient ceux qui, par tous les chemins et toute sorte de moyens de locomotion, affluent vers là-haut. Les luxueuses automobiles défilent à une allure vertigineuse, faisant retentir leurs klaxons ; les charrettes à bœufs se traînent sur un côté de la route ; les landaus, les victorias, les calèches fermées, les chariots dans lesquels des sièges ont été improvisés, sont pleins à craquer... Presque tous, avec leur sac de provisions plus ou moins bien garni pour les bouches chrétiennes, emportent du fourrage pour ceux que le "Poverello" appelait nos frères et qui accomplissent courageusement leur tâche... Des grelots résonnent, on voit une charrette ornée avec du buis ; cependant, l'air de fête est discret, les manières polies, l'ordre absolu… Les bourriquets trottent sur le bord de la route, et les cyclistes, très nombreux, font des merveilles pour ne pas buter contre les chariots.
Vers 10 heures, le ciel se couvre totalement et une bonne pluie ne se fait pas attendre. L'eau, battue par un vent sauvage, vous fustige la face, noyant le macadam et trempant jusqu'aux os les voyageurs dépourvus de parapluies ou de tout autre protection. Personne ne s'impatiente; on continue sa route, et si quelques-uns s'abritent sous les arbres, auprès des murs des fermes, ou dans les maisons isolées qui se penchent sur la route, d'autres poursuivent leur marche avec une constance surprenante ; on peut remarquer certaines femmes, les habits collés au corps - en raison de la violence et de l'insistance de la pluie - dessinent les formes comme si elles sortaient du bain.
L'endroit de la lande de Fatima où l'on dit que la Vierge est apparue aux petits bergers du village d'Aljustrel, est dominé en grande partie par la route de Leiria, au long de laquelle se placent les voitures des pèlerins et des touristes. Quelqu'un a compté plus de cent autos et plus de cent vélos, et il serait impossible de dénombrer les divers chariots qui encombraient la route. Parmi eux, le car de Torres-Novas, dans lequel fraternisaient des personnes de toutes les conditions sociales.
La masse des pèlerins, des milliers de personnes venues de plusieurs lieues alentour et auxquelles se sont adjoints les fidèles venus de diverses provinces, se réunissent autour du petit chêne vert que, au dire des petits bergers, la vision choisit comme piédestal. On peut le considérer comme le centre d'un large cirque, sur les pentes duquel le reste des spectateurs et des dévots prennent place. À le voir de la route, l'ensemble est simplement fantastique. De prudents paysans, campés sous leurs énormes parapluies, accompagnent le déballage de leurs maigres provisions avec des cantiques pieux et des dizaines du Rosaire. Personne ne craint d'enfoncer ses pieds dans l'argile pâteuse, afin de voir de près l'arbre au-dessus duquel fut construit un grossier portique où se balancent deux lampes... Les groupes se répondent pour chanter les louanges de la Vierge, et voici qu'un lièvre, abasourdi, qui se sauve en direction d'un bois, réussit à détourner l'attention d'une demi-douzaine de petits bergers qui l'atteignent et l'abattent à coups de bâtons...
Et nos pastoureaux?... Lucie, âgée de dix ans, la voyante, et ses petits compagnons, François, de neuf, et Jacinthe, de sept, ne sont pas encore arrivés. Leur présence est signalée peut-être une demi-heure avant le moment indiqué pour l'apparition. On conduit les petites filles, couronnées de fleurs, à l'endroit où se dresse le portique. La pluie continue sans arrêt, mais personne ne désespère. Des chariots retardataires arrivent sur la route.
Des groupes de fidèles s'agenouillent dans la boue et Lucie les prie, leur ordonne de fermer les parapluies. L'ordre est transmis et exécuté de suite, sans résistance. Il y a du monde, beaucoup de monde en extase, dirait-on: ils sont émus, leurs lèvres desséchées ne prient plus; des personnes en pâmoison, leurs mains en attitude de prière et les yeux qui se mouillent; ils semblent toucher le surnaturel...
L'enfant affirme que la Dame lui a parlé encore une fois et le ciel, toujours couvert, commence tout à coup à s'éclaircir par en haut ; la pluie s'arrête et l'on devine que le soleil va inonder de lumière le paysage que le matin d'hiver a rendu accore plus triste...
L'heure ancienne est celle qui compte pour cette foule, que des calculs sans passion de personnes cultivées et tout à fait étrangères aux influences mystiques évaluent à 30 ou 40 mille personnes... La manifestation miraculeuse, le signe visible annoncé, est sur le point de se produire - assurent bien des pèlerins...
Et on assiste alors à un spectacle unique et incroyable pour celui qui n'en a pas été témoin. Du haut de la route, où s'entassent les chariots et où se trouvent de nombreuses centaines de gens, à qui a manqué le courage de se jeter dans la terre boueuse, l'on voit l'immense foule se tourner vers le soleil qui se montre dégagé de nuages, en plein midi. L'astre rappelle une plaque d'argent pâle et il est possible de le regarder en face sans la moindre gêne. Il ne brûle pas, il n'aveugle pas. On dirait une éclipse. Mais voici que jaillit une clameur colossale et nous entendons les spectateurs les plus rapprochés qui crient :
- Miracle, miracle! Merveille, merveille!
Aux yeux étonnés de ce peuple, dont l'attitude nous transporte aux temps bibliques et qui, rempli d'effroi, la tête découverte, regarde l'azur du ciel, le soleil a tremblé, le soleil a eu des mouvements brusques, jamais constatés, et en dehors de toutes les lois cosmiques - le soleil «a dansé», selon l'expression typique des paysans... Monté sur le marchepied du car de Torres-Novas, un vieillard dont la stature et la physionomie, à la fois douce et énergique, rappellent celles de Paul Déroulède, récite, tourné vers le soleil et à grands cris, le Credo, du commencement à la fin.
Je demande son nom; c'est M. Jean-Marie Aimé de Melo Ramalho da Cunha Vasconcellos. Je le vois ensuite qui s'adresse à ceux qui l'entourent et qui ont gardé leur chapeau sur la tête, en les suppliant avec véhémence de se découvrir devant une si extraordinaire démonstration de l'existence de Dieu. Des scènes semblables se répètent en d'autres endroits. Une dame s'écrie, en pleurs et quasi suffoquée:
- Quelle pitié ! Il y a encore des hommes qui ne se découvrent pas devant un si étonnant miracle
Aussitôt, les gens se demandent les uns les autres s'ils ont vu quelque chose et ce qu'ils ont vu. Le plus grand nombre avoue qu'ils ont vu le tremblement, la danse du soleil: d'autres, cependant, affirment avoir vu le visage souriant de la Vierge elle-même, jurent que le soleil a fait un tour sur lui-même tel une roue de feu d'artifice, qu'il a baissé jusqu'à brûler la terre de ses rayons... Une autre raconte qu'il l'a vu changer successivement de couleur...
***
Quinze heures presque
Le ciel est limpide et le soleil suit son cours avec son éclat habituel que personne n'ose contempler en face. Et les pastoureaux?... Lucie, celle qui parle à la Vierge, annonce avec des allures théâtrales, au cou d'un homme qui la transporte de groupe en groupe, que la guerre va finir et que les soldats vont rentrer...
Une telle nouvelle, cependant, n'augmente pas la joie de ceux qui l'entendent: le Signe céleste, c'est tout. Beaucoup de curiosité, néanmoins, pour voir les deux fillettes avec leurs guirlande de roses ; il y en a qui cherchaient à baiser les mains des "petites saintes", et une des deux, Jacinthe, est plus proche de s'évanouir que de danser; mais ce vers quoi tous aspirent - le Signe du Ciel - a suffi pour les satisfaire, pour les enraciner dans leur foi de Bretons. Des camelots offrent des cartes postales avec les portraits des enfants et d'autres cartes qui représentent un soldat du "Corps expéditionnaire portugais" pensant au secours de sa protectrice en vue du salut de la Patrie, - et même une image de la Vierge donnée comme étant la figure de la vision... Ils faisaient de bonnes affaires et certainement un plus grand nombre de sous tomba dans les poches de ces vendeurs et dans le tronc des aumônes que dans les mains tendues ouvertes des lépreux et des aveugles qui, coudoyant les pèlerins, poussaient leurs cris lancinants...
La dispersion se produit avec rapidité et sans incidents, sans l'ombre de désordre, sans que soit nécessaire l'intervention des patrouilles de police. Les pèlerins qui partent d'abord, en courant sur la route, sont ceux qui arrivèrent les premiers, avec souliers sur la tête ou suspendus à leurs bâtons. Ils vont, l'âme pleine d'allégresse, répandre la bonne nouvelle dans les villages qui ne se sont pas dépeuplés tout à fait pour venir ici.
Et les prêtres? Quelques-uns s'étaient montrés sur les lieux, se rangeant plutôt avec les spectateurs curieux qu'en compagnie des pèlerins avides de faveurs célestes. Peut-être l'un ou l'autre ne réussit-il pas à dissimuler la satisfaction qui apparaît si souvent sur le visage des triomphateurs... Il reste aux compétences à se prononcer sur la danse macabre du soleil, qui, aujourd'hui, à Fatima, a fait exploser les Hosanna de la poitrine des fidèles et a naturellement impressionné - des témoins dignes le foi me l'assurent - les libres-penseurs et d'autres personnes qui ne se préoccupent pas de choses religieuses et qui étaient venus sur cette lande désormais célèbre."
Cet article, écrit le samedi 13 octobre 1917, paru le lundi 15, eut un grand retentissement. Les catholiques se réjouissaient de voir les faits reconnus par cet impie qui était obligé de dédire ce qu'il avait écrit la veille. Les francs-maçons, ses anciens amis, le punirent de sa loyauté en l'injuriant dans les organes restés fidèles et dans un violent pamphlet.

Le journaliste anticlérical Avelino de Almeida
Un revirement à 360 degrés, comparé à son article précédent du 13 octobre, et celui ci-dessous, décrivant son récit du miracle comme une lettre de réponse à un ami non croyant avec lequel il n'avait pas communiqué depuis vingt ans. Quelque chose a donc retourné l'incrédulité totale de ce journaliste anticlérical. Son ami est maintenant curieux d'entendre le récit d'Almeida qui, selon les propres mots d'Almeida, est "impartial".
Almeida confirme qu'il a été témoin de l'événement, mais même si le soleil a dansé pour lui et pour des milliers d'autres personnes, il semble que son incrédulité personnelle n'ait pas été ébranlée.
Les photos et les légendes proviennent de l'article original. L'article original en portugais peut être lu ici.



Lettre à quelqu'un demandant un témoignage impartial (traduction)
Brisant le silence de plus de vingt ans, et avec l'invocation des temps lointains et nostalgiques dans lesquels nous avons vécu dans une camaraderie fraternelle, éclairés alors par la foi commune et renforcés par des objectifs identiques, vous m'écrivez, demandant à vous dire, avec sincérité et en détail, ce que j'ai vu et entendu sur la lande de Fatima, lorsque la renommée des apparitions célestes s'est rassemblée dans ce désert désolé des dizaines de milliers de personnes, plus assoiffés, je crois, pour le surnaturel, que poussées par la simple curiosité ou la peur d'une tromperie... en désaccord sur l'importance et la signification de ce dont ils ont été témoins.
Certains étaient convaincus que les promesses d'en haut avaient été accomplies; d'autres sont encore loin de croire en la réalité incontestable d'un miracle. Vous étiez un croyant dans votre jeunesse et vous ne l'êtes plus. Les membres de la famille vous ont traîné à Fátima, dans la vague colossale des personnes qui s'y sont rassemblées le 13 octobre.
Votre rationalisme a subi un choc redoutable et vous voulez établir une opinion sûre en vous appuyant sur des témoignages impartiaux comme le mien, puisque je n'étais là que dans l'exécution d'une mission très difficile, comme rapporter impartialement à un grand journal, "O Século", les faits qui se sont déroulés devant moi et tout ce qui était curieux et éclairant à leur sujet. Votre désir ne sera pas inassouvi, mais sûrement nos yeux et nos oreilles n'ont pas vu ou entendu des choses différentes, et que peu ont été insensibles à la grandeur d'un tel spectacle, unique parmi nous et de chaque point digne. méditation et étude...
Qu'est-ce que j'ai entendu qui m'a emmené à Fatima ?
Que la Vierge Marie, après la fête de l'Ascension, était apparue à trois enfants qui faisaient la berger du bétail, deux filles et un garçon, leur recommandant de prier et promettant d'y apparaître, au-dessus d'un chêne, le 13 de chaque mois, jusqu'en octobre, elle leur donne un signe de la puissance de Dieu et ferait des révélations. La nouvelle s'est répandue sur plusieurs kilomètres; a volé, de terre en terre, jusqu'aux extrémités du Portugal, et le pèlerinage des croyants a augmenté de mois en mois, au point que, le 13 octobre, quelque cinquante mille personnes se sont rassemblées sur la lande de Fatima, selon les calculs d'individus passionnés.
Lors des réunions précédentes des fidèles, il n'y avait pas de manque de ceux qui étaient censés voir des singularités astronomiques et atmosphériques, qui ont été prises comme une indication d'une intervention divine immédiate.
Il y avait ceux qui parlaient de baisses soudaines de température, de scintillement d'étoiles à midi et de beaux nuages jamais vus autour du Soleil. Il y avait ceux qui répétaient et bougeaient avec émouvant que la Dame recommandait la pénitence, qu'elle avait l'intention de créer une chapelle dans cet endroit, qui le 13 octobre manifesterait, à travers une preuve sensible à tous, la bonté infinie et l'omnipotence de Dieu.
C'est ainsi que, lors de la célèbre et tant attendue journée, a afflué de près et de loin à Fátima, faisant face à tous les embarras et les difficultés du voyage, des milliers et des milliers de personnes, certains qui ont marché des kilomètres au soleil et sous la pluie, d'autres qui ont été transportés dans une large gamme de véhicules, des presque préhistoriques aux modèles de voitures les plus récents et les plus merveilleux, et même beaucoup qui ont enduré l'inconfort des troisièmes classes de trains qui, pour parcourir des distances relativement courtes, il faut endurer de longues heures et même des jours et des nuits! J'ai vu des groupes d'hommes et de femmes, patiemment, comme s'ils étaient ravis dans un rêve, se dirigeant la veille vers le célèbre site, chantant des hymnes sacrés et marchant pieds nus à leur rythme et à la récitation cadennée du Rosaire, sans être démotivés, perturbés ou désespérés par le changement de temps presque soudain, lorsque les averses ont transformé les routes poussiéreuses en boue, et que la douceur de l'automne a été remplacée, pendant une journée, par les dures rigueurs de l'hiver.
J'ai vu la foule, parfois comprimée autour du petit arbre miracle et le dépouillant de ses branches pour le garder comme reliques, (...) parfois étendu sur la vaste lande que la route de Leiria traverse et domine, et que la confluence la plus pittoresque et hétérogène de voitures et a gêné les gens ce jour mémorable, pour attendre dans le meilleur ordre les manifestations surnaturelles sans craindre que l'hiver ne leur nuise, diminuant leur splendeur et leur grandeur...
J'ai vu que le découragement n'envahissait pas les âmes, que la confiance était maintenue vivante et ardente, malgré des revers inattendus, que le sang-froid de la foule, dans laquelle les paysans abondaient, était parfait, et que les enfants, à leur avis «privilégiés», les avaient accueillies avec les démonstrations de l'affection la plus intense (...)
Les trois enfants qui ont dit que la Vierge leur a parlé (...) de la part de ces gens qui se sont agenouillés, se sont découverts et ont prié à leur ordre, alors que l'heure du miracle approchait, l'heure du signe sensible, l'heure mystique et soupirée du contact entre le Ciel et la terre...
Et quand je n'imaginais plus voir quelque chose de plus impressionnant que cette foule bruyante mais paisible animée par la même idée obsessionnelle et émue par le même désir puissant, qu'est-ce que je voyais encore comme vraiment étrange sur la lande de Fatima?
La pluie, à l'heure annoncée à l'avenir, cesse de tomber; la masse dense de nuages se brise et l'étoile du roi - un disque d'argent givré - au sommet de son zénith apparaît et commence à danser dans un ballet violent et convulsif, qu'un grand nombre de personnes imaginaient être une danse serpentine, des couleurs si belles et brillantes recouvraient successivement la surface solaire.
Miracle, comme les gens criaient? Phénomène naturel, dirait les sages? Je ne veux pas savoir maintenant, mais je veux juste vous dire ce que j'ai vu...
Le reste est à la science et à l'Église... (Avelino de Almeida)

5. L'académicien portugais Marques da Cruz, qui fit enquête personnelle à ce sujet, écrit: "Cette foule immense se trouvait toute trempée, car la pluie n'avait pas cessé depuis l'aube. Mais, quoique ce fait puisse paraître incroyable, après le miracle, tout le monde se sentait à l'aise et avait ses habits complètement secs, ce qui fit l'objet de l'étonnement général..."
VI. Ce que prouvent les photos prises sur les lieux
Élément important tout d'abord: il n'existe pas à notre connaissance de photos ou de vidéos authentiques du miracle lui-même. Aucun journaliste, photographe ou témoin connus n'a donc immortalisé le "soleil qui danse", ou tout autre phénomène céleste au moment des faits. Par conséquent, toutes les photos ou vidéos présentées comme telles ne sont que des reconstitutions ou des faux.

Il y a une raison très logique à cela: la photographie reposait à l'époque sur des plaques de verre ou des pellicules très sensibles à la lumière, sans l'électronique ni les filtres d'aujourd'hui. Par conséquent, pointer un objectif directement vers le soleil produisait un éblouissement total (lens flare et surexposition massive). L'image obtenue n'aurait été qu'un disque blanc baveux et brûlé. Autrement dit, aucun des journalistes ou photographes présents (comme Judah Bento du journal O Século) n'était équipé pour l'astrophotographie solaire.

Coté vidéo, nous sommes en 1917, en pleine Première Guerre mondiale, dans une zone du Portugal rurale et très isolée. Les caméras de cinéma de l'époque étaient d'imposants appareils à manivelle sur trépied, coûteux et rares. C'est pourquoi il n'y avait pas de caméramans sur place: la presse portugaise avait dépêché des photographes de presse écrite, mais aucune équipe d'actualités cinématographiques n'avait fait le déplacement. Et même s'il y en avait eu, tous les effets visuels constatés auraient été très difficiles à fixer sans équipement dédié.
Mais les photos prises des éléments terrestres restent incontestables, et bien plus probantes qu'on ne le croit. Elles ne se contentent pas d'illustrer un moment étonnant. Elles confirment la réalité de l'évènement et l'importance de la foule, tout en apportant plusieurs éléments essentiels à l'enquête. Voici quelques unes des photos authentiques et ce que l'ont peut en déduire:

Photo 1 - La foule dans la Cova da Iria sous la pluie

Photo 2 - Le même endroit au moment de l'apparition du "soleil" (photo colorisée a posteriori)

Photo 3 - Aperçu de la foule au moment du miracle (photo colorisée a posteriori)

Photo 4 - Autre aperçu de la foule au moment du miracle (photo colorisée a posteriori)

Photo 4 bis - Autre aperçu encore de la foule au moment du miracle

Photo 5 - Vue générale de la Cova da Iria

Photo 6 - Jacinta

Photo 7 - Jacinta, Lucia et Francisco

Photo 8 - Lucia et Jean-Paul II le 13 mai 2000
1. Les photos 3 et 4 montrent une foule levant les yeux haut vers le ciel, où aucune supercherie humaine n'est possible, spécialement à cette époque. Arrêtons-nous d'ailleurs un instant pour comparer Lourdes et Fatima. Dans la petite ville pyrénéenne, la Vierge apparaît dans une grotte rocheuse, à un endroit où il serait peut-être envisageable de fabriquer une mystification sophistiquée avec une porte dérobée ou bien encore des objets lumineux. À Fatima, la chose était impossible. La photo 5 laisse voir une plaine légèrement vallonnée ne permettant aucune mystification en haute altitude.
2. Ces mêmes photos montrent la foule regardant dans la même direction vers un point du ciel où quelque chose est en train de se produire. Cela contribue à éliminer toute idée d'hallucination collective, si tant est que ce phénomène existe.
3. Les photos 6 et 7 donnent à voir des enfants timides, inquiets et mal à l'aise avec leur soudaine et pesante notoriété. Difficile d'en faire les acteurs d'une supercherie!
4. Les photos 1 et 2 confirment la succession chronologique de la pluie puis de l'éclaircie. La photo 2 avec l'arrivée du "soleil" dans un ciel clair est importante, car elle invalide l'hypothèse d'un simple évènement météorologique.
5. Des études scientifiques menées sur les dimensions et les angles des ombres apparaissant sur les photos durant le prodige ont permis de déterminer que la source lumineuse qui les a produites se trouvait à une élévation de 30 degrés, alors que le soleil astronomique devait se situer à cet instant précis à une élévation de 42 degrés (études de l'Abbé Philip Dalleur, docteur en sciences appliquées et en philosophie, Fatima Pictures ans Testimonials: in-depth Analysis, Scientia et Fides, 9 janvier 2021)
6. Accessoirement, la photo 8 qui représente Lucia avec le pape Jean-Paul II lors de la béatification de Francisco et Jacinta le 13 mai 2000, confirme l'importance accordée par l'Église au miracle de Fatima plus de 80 ans après l'évènement.

D. José Alves Correia da Silva,évêque de Leiria
VII. Le miracle validé par L'Église et par élimination des autres thèses impossibles
L'Église catholique a officiellement reconnu, par la voix de D. José Alves Correia da Silva, évêque de Leiria, le 13 octobre 1930, que les visions des trois bergers (du 13 mai au 13 octobre 1917) étaient «dignes de foi» et a autorisé le culte de Notre-Dame de Fátima. Plus précisément , l'Église a validé:
- L'authenticité des apparitions: Les messages et les visions de la Vierge Marie reçus par Lucie, François et Jacinta.
- Le caractère surnaturel global: L'événement dans son ensemble spirituel, incitant à la prière, au rosaire et à la pénitence.
- L'autorisation du pèlerinage: La reconnaissance officielle de la Chapel of the Apparitions et du sanctuaire comme lieux de dévotion mariale.
Concernant le «Miracle du soleil»:
- L'Église n'a pas fourni d'explication scientifique ou physique rigoureuse du phénomène lumineux observé par des dizaines de milliers de personnes le 13 octobre 1917.
- Elle l'intègre toutefois comme le signe extraordinaire annoncé par la Vierge pour accréditer la véracité des apparitions auprès de la foule.
Au final, pour expliquer ce qui s'est passé ce 13 octobre 1917, le champ des hypothèses est très réduit, puisqu'il ne compte que sept propositions, balayées par la seule qui reste possible et concordante avec l'ensemble des éléments: le miracle.
1. Il ne s'est rien passé du tout, c'est une légende.
Cette hypothèse, qui n'a jamais été soutenue par personne, est invalidée d'emblée par l'abondances des témoignages et des photos.
2. C'est un phénomène naturel, il y a effectivement eu ce jour-là un ébranlement du système solaire résultant d'évènements cosmiques.
Cette hypothèse est balayée par les observations scientifiques. Le jeudi 18 octobre, un journaliste du quotidien O Século publie en page 2 un article où il interroge le responsable de l'Observatoire d'astronomie de Lisbonne, Augusto Frederico Oom, qui déclare que "s'il y avait eu un phénomène cosmique à cette date, (...) il n'aurait pas manqué de l'enregistrer". Plus précisément, l'Observatoire d'astronomie de Lisbonne rappote n'avoir relevé aucun phénomène anormal le 13 octobre, tout juste une légère perturbation venant de l'ouest.
L'évêque de Leiria écrit: "Ce phénomène, qu'aucun observatoire astronomique n'enregistra, et qui par conséquent n'était pas naturel, des personnes de toutes les conditions et de toutes les classes sociales le virent de leurs yeux... même des gens sui se trouvaient à des kilomètres de distance, ce qui détruit toute explication par illusion collective..." (extrait de la lettre pastorale sur le culte de Notre-Dame de Fatima, le 13 octobre 1930).
En effet, rappelons-le, ce phénomène a été observé par de nombreux témoins jusqu'à 34 km de distance. Ailleurs, aucun observatoire international n'a constaté une quelconque modification dans le mouvement du soleil.
3. C'est un phénomène météorologique exceptionnel.
Cette hypothèse ne tient pas devant l'annonce incontestable de l'évènement, trois mois à l'avance. Trois enfants - illettrés - auraient pu donner précisément la date, le jour et l'heure d'un tel phénomène? Même si un évènement météorologique exceptionnel pouvait rendre compte d'un tel spectacle, sa prévision à trois mois est totalement impossible. On sait d'ailleurs aujourd'hui que prévoir la météo à plus de 15 jours est infaisable (en 1972, le météorologue Edward Lorenz a expliqué l'impossibilité d'une prévision à plus de 15 jours par la sensibilité de la météorologie aux conditions initiales. Cela a été appelé "l'effet papillon").
L'hypothèse d'un phénomène météorologique a pourtant été défendue par le docteur en mathématiques portugais Diogo Pacheco de Amorim (O fenomeno solar de 13 de Outubro de 1917, publié à Coimbra par O Instituto en 1961). Ce dernier suppose que le "miracle du soleil" pourrait être lié aux nuages dont les cristaux de glace de haute altitude peuvent décomposer la lumière en différentes couleurs, comme dans le cas d'un arc-en-ciel. Amorim estime que des "lentilles d'air" (de composition ou température différentes) pourraient avoir perturbé la diffusion de la lumière et modifié la perception du diamètre apparent du soleil, ou même expliquer des changements de couleurs.
Amorim reconnaît néanmoins que "nous ne pouvons donner une explication à un phénomène aussi complexe et mystérieux, mais juste le comparer, ou le décomposer en éléments comparables à des phénomènes connus". Cependant, même si elle pouvait expliquer en partie les phénomènes lumineux, cette théorie n'apporterait aucune explication aux mouvements désordonnés du soleil.

Stanley Jaki
Un autre physicien, Stanley Jaki (God and the Sun at Fatima, Real View books, Royal Oak, Michigan, 1999) a imaginé que l'évènement pouvait être une manifestation météorologique: "Ce qui semble s'être passé, c'est que les nuages transparents voilant le soleil formèrent une énorme lentille naturelle", supposait-il. Mais là encore, une lentille ne crée pas l'impression de voir le soleil danser et tomber sur la terre, tels que les témoins l'ont vu. En outre, des phénomènes comme celui qu'il mentionne n'ont jamais été observés nulle part.
4. Il ne s'est rien passé, c'est une hallucination collective
Cette hypothèse est exclue pour la simple raison que les "hallucinations collectives" n'existent pas pour des foules importantes. Elles peuvent concerner des groupes assez restreints, mais ce type de phénomène ne se rencontre jamais pour un millier de personnes: il est totalement exclu dans un contexte impliquant 30.000 à 70.000 personnes.
L'hallucination est un phénomène qui a été étudié sérieusement, par exemple par Henri Ey, qui la décrit dans son Traité des hallucinations, ou dans l'Encyclopédie de psychiatrie. Il s'agit d'une perception sans objet reposant sur une expérience psychologique interne qui amène un sujet à se comporter comme s'il éprouvait une sensation ou une perception réelle, alors qu'il n'y a pas d'élément objectif extérieur justifiant cette sensation ou cette perception.
Les hallucinations peuvent être de différents ordres (visuelles, auditives, tactiles ou bien encore psychiques), mais elles manifestent toujours le dérèglement du cerveau d'une personne. Elles surviennent systématiquement dans un contexte de déséquilibre ou de déstructuration de la personnalité, s'accompagnant généralement de divers troubles du comportement (agitation, angoisse fluctuante, comportements déplacés etc.).
C'est pourquoi les vraies "hallucinations collectives" sont a priori médicalement et logiquement impossibles: elles supposeraient que les mêmes dérèglements se produisent de manière identique et simultanée dans des cerveaux différent, en l'absence de toute cause extérieure objective. Ce qui n'est absolument pas le cas à Fatima le 13 octobre 1917.
5. C'est une supercherie
C'est la seule hypothèse compatible avec le fait que le prodige ait été annoncé d'avance et que ce jour-là aucun évènement naturel permettant de l'expliquer n'ait été constaté. La supercherie est d'ailleurs l'hypothèse la plus fréquemment citée par les journaux anticléricaux.
Mais cette hypothèse ne résiste pas à l'analyse. Une telle mise en scène serait en effet impossible à réaliser en plein ciel. Toutes les photos et tous les témoignages concordent: il s'est passé quelque chose en plein ciel, au zénith du soleil, à un moment où le ciel était redevenu clair et lumineux. Or, c'est bien le seul endroit où il est impossible d'organiser une supercherie.
On sait par ailleurs que le phénomène a été vu jusqu'à 34 kilomètres de distance par Alfonso Lopes Vieira. Or, à cette distance, un objet situé à une élévation de 30 degrés d'angle est à 19 kilomètres d'altitude! On ne voit pas quelle tromperie humaine serait capable de créer une illusion à une pareille altitude en 1917...
De plus, dans le cas d'une mystification, les auteurs auraient débuté leur spectacle à midi et non à 13h21, ignorant vraisemblablement les subtilités du midi solaire.
Notons encore qu'au minimum 30.000 personnes ont assisté au prodige, dont beaucoup de curieux et d'incroyants. Quel trucage aurait-on pu inventer pour tromper tant de gens? Cette impossibilité est si évidente que personne n'a jamais présenté la moindre hypothèse afin d'expliquer un spectacle monté de toutes pièces.
Ajoutons enfin les circonstances qui plaident toutes contre la supercherie: des enfants illletrtés, un village très pauvre, des autorités très hostiles, le fait que, pendant les dizaines d'années qui ont suivi, personne n'a jamais apporté le moindre témoignage d'une supercherie et que les trois principaux témoins n'ont jamais varié dans leurs récits. Imagine-t-on Lucia accepter de passe 80 ans dans un couvent pour couvrir un mensonge? Pire encore, de continuer à tromper le pape lui-même 80 ans plus tard?
6. C'est un OVNI
Au départ, l'hypothèse est intéressante. D'abord parce qu'il existe des ressemblances avec un OVNI:
- L'apparence de l'objet: les témoins n'ont pas vu le véritable soleil, mais un disque argenté ou nacré, semblable à un objet volant, qui pouvait être regardé en face sans aveugler, tournoyant sur lui-même et émettant des rayons de lumière de différentes couleurs.
- Les mouvements erratiques: le comportement erratique du disque, qui semblait fondre en zigzag vers la terre, rappelle les descriptions modernes de mouvements d'OVNIs, une hypothèse explorée par des chercheurs comme Jacques Vallée dans ses analyses de manifestations insolites.

Illustration d'OVNI
Sans oublier des anomalies énergétiques et matérielles qui peuvent être compatibles avec certains témoignages historiques de phénomènes OVNI:
- Le séchage instantané: avant le phénomène, la foule était trempée par une pluie continue. Après l'événement, de nombreux témoins ont constaté que leurs vêtements et le sol boueux étaient instantanément complètement secs.
- La quantité d'énergie: selon des analyses a posteriori mentionnées par des partisans de l'anomalie physique, une source d'énergie thermique ou radiante gigantesque et localisée aurait été nécessaire pour évaporer une telle quantité d'eau en quelques minutes, un fait qui sort des normales météorologiques.

Mais il n'existe au final aucune trace physique de soucoupe volante: pas de radar, pas de photographie claire, pas de débris, pas de mesures indépendantes. Un objet de cette taille et de cette luminosité, visible par des dizaines de milliers de personnes en plein jour, aurait dû laisser des traces instrumentales. Cela ne correspond nullement également au contexte marial, avant, pendant et après les faits.
Ce qui n'exclut pas pour autant une réalité extraterrestre, au sens qu'elle n'est pas terrestre ou connue sur terre, ce qui est le lot de tous les miracles spirituels ou religieux dans leur manifestation céleste perçus depuis la terre. Donc mystérieux et nécessairement extraterrestres de ce point de vue.
7. C'est un miracle
C'est donc la seule possibilité restante. Les circonstances de ce miracle correspondent parfairement à celles que l'on peut imaginer pour un tel évènement:
- un prodige inexplicable,
- annoncé à l'avance,
- par des enfants incultes,
- vu par une foule immense,
- au milieu de l'hostilité des pouvoirs en place,
- ayant pour objectif de susciter la foi.
Cette possibilité, la seule restante, ne nécessite que l'existence de Dieu.
7. Les miracles qui suivirent le miracle de Fatima
Le miracle ne s'arrête pas là:
En effet, l'une des demandes de la Sainte Vierge était que la Russie lui soit consacrée par le pape et les évêques. Cette demande a été connue du pape dès 1942, mais elle n'a pas été réalisée dans les formes requises par celle-ci pendant plusieurs pontificats successifs.
Mais voici ce que nous savons avec certitude: le 13 mai 1981, un tueur professionnel turc, Mehmet Ali Agça, très certainement mandaté par le KGB, a tiré sur le pape de très près avec un pistolet gros calibre. Contre toute attente, le souverain pontif a survécu à ses blessures. De son lit d'hôpital, Jean-Paul II, frappé par la coïncidence de la date de l'attentat avec celle de la première apparition de Fatima, se fait apporter le texte du secret qui dormait depuis longtemps au Vatican.
Il constatera que la consécration de la Russie réclamée par la Vierge à Fatima n'a jamais été faire validement, ce que lui confirmera Lucia lors de leur entrevue. Pesant de tout son poids, Jean-Paul II va solliciter la participation de tous les évêques du monde pour accomplir la requête mariale. La consécration de la Russie aura enfin lieu le 25 mars 1984.
On connait la suite: un mouvement de réforme nait en Russie en 1986 (glasnost et perestroïka de Mikhaïl Gorbatchev), une rébellion pacifique se lève en Pologne ("Solidarnosc" de Lech Walesa) et, quelques années plus tard, en 1989, le mur de Berlin tombe, entraînant l'effondrement totale de l'URSS, de manière pacifique.
On peut croire ou ne pas croire au lien existant entre ces faits. Mais ce qui est certain, c'est que Jean-Paul II y a cru fermement, renforçant le rayonnement de cet évènement hors du commun.

VIII. Le pape Pie XII voit le même soleil qui danse en 1950 mais aussi le Christ
Dans la biographie Pie XII devant l'histoire, qui est le fruit de recherches historiques dans les archives du Saint-Siège et de confidences de l'entourage immédiat du pape, nous découvrons que Pie XII observa en 1950 le même phénomène qu'à Fatima en octobre 1917. Mais aussi l'apparition de Jésus-Christ, à plusieurs reprises, durant la période la plus aigüe de sa maladie. Ce qui est confirmé par le Vatican (Le Monde et l'hebdomadaire Oggi)
Pie XII fut également nommé archevêque in partibus de Sardes par le pape Benoît XV le 13 mai 1917, jour de la Première Apparition de la Très Sainte Vierge Marie à Fatima, et le sacra dans la chapelle Sixtine. Pie XII aimait beaucoup la Sainte Vierge, il était un fervent dévot marial.
1 - LE PREMIER MIRACLE DU SOLEIL QUI TOURNE LE 5 OCTOBRE 1950
"Le 5 octobre 1950, Pie XII vient de recevoir en audience publique une délégation de cheminots italiens à qui il a précisé ses sentiments sur l'évolution de la doctrine sociale de l'Église. Les cheminots ont fait une ovation affectueuse au Saint-Père, et le retiennent dans la basilique de Saint-Pierre. Le maître de cérémonie arrache le pape aux manifestations affectueuses des ouvriers et ouvre la porte qui donne sur les appartements pontificaux. Le Saint-Père l'écarte. Son entourage remarque aussitôt son visage bouleversé. Il demande à rester seul. Après une longue méditation dans son bureau, il appelle son chauffeur, et fait arrêter sa voiture dans les jardins du Vatican.
Le pape marche quelques instants, et soudain une lumière aveuglante le jette à terre. Il lève les yeux au ciel et aperçoit visiblement le soleil qui tourne, il murmure : «Fatima, Fatima, Marie pardonne-leur.» Très rapidement tout redevient normal. Stoppa, bouleversé, a assisté à la scène, il relève le pape. Pie XII lui sourit, et lui dit : "Je sais maintenant."
Pie XII revient dans son bureau. Peu de temps après, Pie XII appelle Mgr Tardini et lui annonce, comme s'il s'agissait d'une décision ordinaire : «J'ai décidé d'annoncer la proclamation du dogme de l'Assomption de la Vierge Marie. Je souhaite réunir les cardinaux et les évêques le 21 novembre.» «Sainteté, le déplacement d'un millier d'évêques pose des problèmes graves», fait observer Tardini. «Qu'importe, l'Esprit-Saint permettra que le consistoire se réunisse le 30 octobre; après je pourrai mourir.»
Le visage de Pie XII était devenu si immatériel, en cette minute, confiera plus tard Mgr Tardini, que j'ai compris ce qu'était la grâce pour un tel homme. La fatigue, la maladie qui creusaient ses traits depuis quelques mois avaient brusquement disparu de son visage. Je ne pouvais plus opposer d'arguments pratiques. Le 1er novembre, 800 évêques et tous les cardinaux entourent le pape. L'impossible s'est réalisé. […] L'assomption qui était déjà une croyance populaire est devenue un dogme. » (p. 437-438)
Source : Mgr Georges Roche et Philippe Saint Germain, Pie XII devant l'histoire. Montréal/Paris, Éditions du Jour/Robert Laffont, 1972, 534 pages.
2- LE DEUXIÈME MIRACLE DU SOLEIL QUI DANSE LE 30 OCTOBRE 1950
Mais ce n'est pas tout. Peu avant de proclamer le dogme de l'Assomption, Pie XII, alors qu'il se promenait dans les jardins du Vatican assista plusieurs fois au même phénomène qui s'était vérifié en octobre 1917 au terme des apparitions de Fatima. Il le considéra comme une confirmation céleste de ce qu'il était en train d'accomplir. Une circonstance jusqu'à présent connue uniquement grâce au témoignage indirect du cardinal Federico Tedeschini qui en parla pendant une homélie.
Aujourd'hui, un document exceptionnel et inédit sur cette vision, conservé par la famille du Pontife, émerge des Archives privées Pacelli : une note manuscrite de Pie XII lui-même, écrite au crayon de papier au verso d'une feuille dactylographiée, dans les derniers temps de sa vie, où, à la première personne le Pape relate ce qui lui est arrivé. La note a été exposée en novembre 2008 lors de l'exposition vaticane dédié à Pape Pie XII pour le cinquantième anniversaire de sa mort. Le compte-rendu est sec, de style presque notarial, sans nulle concession au sensationnalisme.
«C'était le 30 octobre 1950», avant-veille du jour de la proclamation solennelle de l'Assomption, explique Pie XII. Le Pape était donc sur le point de proclamer comme dogme de la foi catholique l'Assomption corporelle au ciel de la Sainte-Vierge à l'instant de sa mort, et il le faisait après avoir consulté l'épiscopat mondial, unanimement d'accord : seulement six réponses sur 1181 manifestaient quelque réserve. Vers 16 heures, il faisait «l'habituelle promenade dans le jardin du Vatican, en lisant et en étudiant».
Le Pape Pacelli se souvient que, tandis qu'il montait de la place de la Madone de Lourdes «vers le sommet de la colline, dans l'allée de droite qui longe la muraille d'enceinte», il leva les yeux de ses feuilles : «Je fus frappé par un phénomène, que je n'avais jamais vu jusqu'alors. Le soleil, qui était encore assez haut, apparaissait comme un globe opaque jaunâtre, entouré tout autour d'un cercle lumineux», qui cependant n'empêchait en aucune façon de fixer le regard «sans en ressentir la moindre gêne. Une très légère nuée se trouvait devant».
«Le globe opaque – poursuit Pie XII dans la note inédite – se mouvait à l'extérieur légèrement, en tournant, et en se déplaçant de gauche à droite et vice-versa. Mais dans l'intérieur du globe on voyait avec une grande clarté et sans interruption de très forts mouvements».
3- LES TROIS AUTRES MIRACLES DU SOLEIL QUI VIREVOLTE
Le Pape atteste avoir assisté au même phénomène le 31 octobre, et le 1er novembre, jour de la proclamation du dogme de l'Assomption, puis de nouveau le 8 novembre. «Ensuite plus rien».
Il se rappelle aussi avoir cherché à «plusieurs reprises» dans les jours suivants, à la même heure et dans des conditions atmosphériques semblables, «à regarder le soleil pour voir si le même phénomène apparaissait, mais en vain ; je ne pus le fixer, pas même l'espace d'un instant, je restai immédiatement la vue éblouie».
Dans les jours suivants Pie XII relate le fait «à quelques intimes et à un petit groupe de Cardinaux (peut-être quatre ou cinq), parmi lesquels le Cardinal Tedeschini». Ce dernier, en octobre de l'année suivante, en 1951, doit se rendre à Fatima pour clore les célébrations de l'Année Sainte. Avant de partir il est reçu en audience et demande au Pape de pouvoir citer la vision dans son homélie.
«Je lui répondis : "Laissez, il ne faut pas". Mais il insista – continue Pie XII dans le manuscrit – en soutenant l'opportunité de cette annonce, et alors, je lui expliquais quelques détails de l'événement». «Ceci est, en termes brefs et simples – conclut Pape Pie XII – la pure vérité».
«Pie XII était très persuadé de la réalité du phénomène extraordinaire, auquel il avait assisté bien quatre fois», déclara Soeur Pascalina Lehnert, la religieuse gouvernante de l'appartement papale. Ce qu'on nomme «le miracle du soleil» s'était déjà produit le 13 octobre 1917 à Fatima, au terme des apparitions aux trois bergers.

