Fatima : enquête sur les preuves d'un miracle
Les miracles qui sont évoqués dans la Bible, les Évangiles ou l'histoire de l'Église ont souvent pour principale motivation de manifester l'existence de Dieu. C'est le cas du miracle de Fatima, où la Sainte Vierge affirme, dans l'apparition du 13 juillet 1917: "En octobre (...) je ferai un miracle que tous pourront voir pour croire." En tant que miracle, il constitue même une preuve très forte de l'existence de Dieu, ce que nous allons démontrer point par point.
Les conditions idéales pour trancher sur l'hypothèse d'un miracle
- Ce prodige s'est passé au XXième siècle dans un pays européen, donc ni dans des temps lointains ni dans des contrées reculées
- Il a eu lieu devant une foule énorme comprenant des journalistes et des photographes
- Il a été annoncé longtemps à l'avance
- Ce sont des enfants pauvres et illettrés qui se sont fait l'écho de cet évènement hors du commun, et ils n'en ont retiré aucun bénéfice personnel
- Une foule d'opposants résolus y a assisté
- Le contexte anticlérical garantit la valeur des témoignages des personnes ayant assisté à l'évènement, en particulier celles hostiles à toute idée de miracle
Des faits clairs, documentés et recoupés
Le 13 octobre 1917 vers midi, la Cova da Iria, prairie pauvre et habituellement déserte, non loin du petit village de Fatima (à 160km au nord de Lisbonne) est noire de monde. 70.000 personnes, selon le docteur Joseph Garrett, ancien professeur de mathématiques à l'université de Coimbra, qui est présent ce jour-là. Ils sont à deux heures de marches d'Ourem, le bourg le plus proche, c'est pourquoi le bus de la ville de Torres Nova a été mobilisé pour l'occasion. On dénombre plus de 100 automobiles, 135 bicyclettes, 240 voitures à traction animale. La pluie tombe sans discontinuer depuis 8h30 ce matin-là et la foule est trempée.
Le récit principal du miracle
Un des récits les plus complets et plus éloquents est celui du chanoine Casimir Barthas, dans son livre Il était trois petits enfants, éditions Résiac, 1940:
"Tout à coup, la pluie s'est arrêtée et les nuages, opaques depuis le matin, se sont dissipés. Le soleil apparaît au zénith, semblable à un disque d'argent que les yeux peuvent fixer sans être éblouis et, aussitôt, il se met à tourner sur lui-même comme une roue de feu projetant dans toutes les directions des gerbes de lumières dont la couleur change plusieurs fois. Le firmament, la terre, les arbres, les rochers, le groupe des voyants et la multitude immense apparaissant successivement teintés de jaune, de rouge, de bleu, de violet...
L'astre du jour s'arrête quelques instants. Puis il reprend sa danse de lumière d'une manière plus éblouissante encore. Il s'arrête de nouveau pour recommencer une troisième fois ce feu d'artifice si fantastique qu'aucun artificier n'aurait pu en imaginer de semblable. Comment décrire les impressions de la foule? Extatique, immobile, retenant sa respiration, ce peuple de 70.000 voyants contemple...
Tout à coup, tous ceux qi composent cette multitude, tous sans exception, ont la sensation que le soleil se détache du firmament et, par bonds en zigzag, se précipite sur eux!
Un cri formidable sort à la fois de toutes les poitrines. "Miracle! Miracle!", crient les uns...; "Nous allons tous mourir!", entend-on par ici... D'autres disent: "Que c'est beau!"... Qui décrira l'état d'émotion de toute cette foule? Un vieillard, jusque-là incroyant, agite ses bras en l'air, en criant: "Vierge du Rosaire, sauvez le Portugal!" Et de tous les cotés, sur le plateau se déroulent des scènes analogues.
La rotation du soleil, avec les intervalles, avait duré dix minutes. Elle fut observée, répétons-le, par tous les présents sans exception: croyants, incroyants, paysans, citadins, hommes de science, et même par de libres penseurs. Tous, sans préparatifs d'aucune sorte, sans autre suggestion que l'appel d'une fillette invitant à regarder vers le soleil, perçurent les mêmes phénomènes, avec les mêmes phases, au jour et à l'heure annoncés quelques mois auparavant comme ceux d'un grand prodige.
Plus tard, l'enquête canonique sur le miracle permit de constater que les mouvements du soleil avaient été perçus par des personnes qui se trouvaient à 5km et plus de la Cova da Iria, ignorant par conséquent ce qui s'y passait et ne pouvant, en aucune manière, être influencée par la suggestion, ou victimes d'une hallucination collective.
L'enquête mit aussi en relief un fait fort curieux qu'attestèrent tous ceux qui furent questionnés à ce sujet. Lorsque la foule fut revenue de sa stupeur et assez consciente pour se rendre compte de ce qui se passait sur la terre, chacun constata, avec une stupéfaction nouvelle, que ses habits tout trempés par la pluie, il y quelques minutes, étaient maintenant absolument secs. Personne ne se trouvait incommodé d'avoir été tant mouillé."
Photos et récits complémentaires du miracle
Rappelons qu'un photographe professionnel avait pris la peine de transporter son matériel jusqu'à la Cova da Iria. Il existe donc des photos prises sur place lors de ce fameux 13 octobre. Par ailleurs, de nombreux témoignages ont été recueillis, jusqu'à 34km à la ronde.
John de Marchi (The True Story of fatima, 1947, réédition par Fatima Center, 2008, et Fatima: The Full Story, AMI Press, Washington, 1986) rapporte que le phénomène a été observé au village d'Alburitel (à 18km à l'est de Fatima), notamment par la maîtresse d'école et ses élèves, mais aussi par "un incroyant qui avait passé sa matinée à se moquer des nigauds qui étaient partis à Fatima juste pour voir une gamine ordinaire...". Lorsque le prodige survint, sa morgue s'effondra: "Il semblait maintenant comme paralysé, les yeux fixés sur le soleil. Puis il se mot à trembler de la tête aux pieds et, levant les bras au ciel, il s'est jeté à genoux dans la boue..."
Toujours à Alburitel: "J'avais alors 9 ans à peine, raconte l'abbé Inacio Lourenço Pereira. Je fréquentais l'école primaire de mon pays natal, petit village perché sur une colline solitaire, juste en face de la montagne de Fatima, à 10 ou 11 kilomètres de distance. Il était midi environ, lorsque subitement, nous fûmes alarmés par les cris et les clameurs des hommes et des femmes qui passaient sur la voie publique devant l'école. (...)
Dehors, sur la place, les gens rassemblés pleuraient et riaient, montrant le soleil, sans même entendre les questions que leur posait notre institutrice toute angoissée. (...) Je regardais fixement l'astre; il me paraissait pâle et privé de son éblouissante clarté; Il semblait un globe de neige tournant sur lui-même. Puis, tout à coup, il parut descendre en zigzag menaçant de tomber sur la terre. Affolé, absolument affolé, je courus me mettre au milieu des gens.
Tous pleuraient, attendant d'un moment à l'autre la fin du monde. (...) Pendant les longues minutes du phénomène solaire, les objets placés près de nous reflétaient toutes les couleurs de l'arc-en-ciel... Nos visages étaient tantôt rouges, tantôt bleus, tantôt jaunes, etc. Ces phénomènes étranges augmentaient notre terreur. Au bout de 10mn, le soleil reprenait sa place de la même manière qu'il était descendu, toujours pâle et sans éclat." (Fatima: merveille du XXième siècle du chanoine Barthas, p.136)
Alfonso Lopes Vieira (1878-1946), juriste de formation, était l'un des poètes les plus célèbres du Portugal et un athée convaincu. Il avait collaboré avec le gouvernement anticlérical jusqu'en 1916, en étant rédacteur à la Chambres des députés. Il assista lui aussi au prodige depuis sa propriété de Sao Pedro de Moël, située près de Leira, à 34km de Fatima, et confia:
"En ce jour du 13 octobre, alors que je n'avais pas gardé le souvenir des prédictions des petits bergers, je fus émerveillé par un spectacle éblouissant dans le ciel, pour moi entièrement nouveau, auquel j'ai assisté de ce balcon."bIl se convertira et fera même construire une chapelle dans sa propriété. Son histoire est racontée par la journaliste Paula Sofia Luz.
Les lieux cités ci-dessus sont localisés aux quatre coins géographiques et à des distances variables de Fatima. Le miracledu soleil fut donc vraisemblablement visible dans une région d'un diamètre de l'ordre de 40 kilomètres.
Un élément important marqua les esprits: le miracle du 13 octobre s'est produit exactement au jour et à l'heure annoncés trois mois plus tôt par les enfants. Ces faits étonnant ont été repris les jours suivants par l'ensemble de la presse portugaise, chrétienne comme anticléricale, puisque tous les journalistes présents ont u exactement la même chose.
Le journaliste anticlérical Avelino de Almeida, également témoin de l'évènement, écrit un récit sensationnel dans le quotidien laïc O Século qui fait aors sa une sur le miracle du soleil, avec un reportage en tout point conforme à ce qu'a vu la foule. Les photos ont été publiées un peu plus tar, dans Illustraçao Portuguesa, le 29 octobre, accompagnées d'un nouveau texte d'Avelino de Almeida sur le cas.
Une revue de presse anti-miracle qui démontre le miracle
L'accumulation d'articles de presse sur et évènement est une preuve en soi: il s'est bel et bien passé quelque chose d'incroyable le 13 octobre sur la Cova da Iria. Mais plus encore: les articles des journalistes hostiles à l'église sont particulièrement utiles pour notre enquête: en s'arc-boutant de toutes leurs forces contre la possibilité d'un miracle, ils permettent, en creux, d'en esquisser les contours.

