Gitta Mallasz : Dialogues avec l'ange

16/05/2026

Dialogues avec l'ange est la transcription en 88 entretiens de l'enseignement spirituel de plusieurs anges transmis à quatre hongrois durant la deuxième guerre mondiale: Hanna Dallos, son mari Joseph Kreutzer, Gitta Mallasz et Lili Strausz (extraits sélectionnés en fin d'article). Trois d'entre eux, juifs, périront en déportation. Seule survivante, Gitta Mallasz, réfugiée en France en 1960, s'attellera à la traduction en français de ces entretiens, dont une première édition sera publiée en 1976, suivie d'une seconde intégrale et définitive en 1990.

Hanna Dallos et son mari Joseph Kreutzer

Le contexte historique

Dès les années trente, le régime Horthy promulgue des lois antisémites et en 1939 il met en place des travaux forcés destinés aux jeunes juifs. Mais en 1942, il refuse de procéder à «la solution finale» comme l'exige Hitler. Ce n'est qu'en mars 1944, quand les allemands envahissent la Hongrie, que les déportations de masse commencent sous la direction d'Eichmann: 440.000 juifs sont envoyés dans les camps, surtout à Auschwitz, du 15 mai au 9 juillet. A cette date, le Régent Horthy décide d'arrêter les déportations. Il reste alors 230.000 juifs, dont la moitié seront sauvés grâce à cette décision.

Lili Strausz

En 1943, les quatre amis se retrouvent dans une petite maison louée par Hanna et Joseph à Budaliget dans les environs de la capitale, où ils essaient de trouver un peu de sérénité. Ils s'interrogent beaucoup, en discutant ou écrivant ce qu'ils pensent. Le 25 juin 1943, alors que Gitta avait lu à Hanna un texte de réflexion, celle-ci alerte «Attention! Ce n'est plus moi qui parle» (p23). Commence alors le premier des 88 entretiens hebdomadaires qui forment les Dialogues avec l'ange.

Gitta Mallasz championne nationale de natation durant ses jeunes années

Seuls les 40 premiers auront lieu à Budaliget, car après l'invasion de la Hongrie le 19 mars 1944 par l'armée allemande, pensant qu'ils seront plus en sécurité à Budapest où les persécutions n'ont pas encore commencé, Joseph et Hanna décident de s'installer dans la partie Est de la capitale, dans l'appartement des parents de Hanna qui ont fui la Hongrie. En vain. Joseph part le 3 juin 1944 pour ne plus revenir.

Gitta Mallasz en 1983

Gitta cherche alors à sauver ses amies du ghetto, quand on lui propose de prendre le commandement d'un atelier de confection militaire monté par un de ses amis et un prêtre catholique, le père Klinda, pour sauver des juives. Gitta accepte à condition que soient rajoutés à la liste des ouvrières les noms de Lili et Hanna. L'atelier est installé dans l'ancien collège Sainte Catherine (Katalin), dans le quartier résidentiel de Buda. Les trois amies s'y installent à la mi-juin 44. Gitta aménagera dans le jardin une cabane dans laquelle se dérouleront les derniers entretiens.

Les nazis hongrois surveillent de près ce drôle d'atelier. Le 2 décembre 1944, ils font irruption à Katalin. Quasiment toutes les ouvrières réussiront à s'enfuir. Restent treize d'entre elles, dont Hanna et Lili qui ont décidé de se livrer pour sauver Gitta, persuadées qu'elle seule pourra transmettre les enseignements spirituels dispensés lors des entretiens. Hanna et Lili seront déportées à Ravensbrück. Une seule des ouvrières déportées, Eva Langley-Dános, est revenue. Elle a raconté dans Le dernier convoi la lente agonie des deux femmes entassées dans un wagon lors d'un transfert interminable entre deux camps. Joseph mourut à la même époque que sa femme dans un camp en Hongrie. Gitta restera seule avec les petits cahiers de moleskine noire. Après quinze ans sous le régime communiste, elle s'installera en France en 1960 et commencera à travailler à la traduction puis la diffusion des Dialogues avec l'ange jusqu'à sa mort en 1992.

Les protagonistes

Qui étaient Hanna, Gitta, Joseph et Lili?

Gitta Mallasz avait un père général de l'armée hongroise. Elle avait un caractère indépendant et aventureux. Toute jeune, elle devint championne de natation, donc une gloire nationale, puis, jugeant que cette adulation était vaine et qu'il était dangereux de ne faire travailler que son corps, elle retourna à une carrière artistique. Hanna Dallos, qu'elle avait connu à l'Ecole des Arts Décoratifs de Budapest et avec laquelle elle était restée très liée, lui réapprit à dessiner. Des quatre, Hanna Dallos, était la plus profonde et la plus sensible. Elle avait épousé un cousin germain, Joseph Kreutzer, très réservé. 

Tous trois partageaient un atelier d'arts décoratifs. Gitta Mallasz avait connu Lili Strausz quand elle pratiquait la natation. Enseigner l'expression corporelle n'était guère chose courante à cette époque. Dernière fille non désirée d'une famille nombreuse, elle avait souffert dans l'enfance d'un manque d'amour qui la marqua profondément. Gitta Mallasz avait reçu une vague éducation catholique, les trois autres, d'origine juive, n'avaient pas reçu d'éducation religieuse particulière. Leurs professions ne les inclinaient guère non plus à des préoccupations mystiques.

Dialogues avec l'ange, édition intégrale, éd. Aubier, extrait p.23

Et les anges ?

Au début des entretiens, Hanna a juste le temps d'avertir Gitta, seule présente à ce moment là: «Attention, ce n'est plus moi qui parle» (p 23). Et Gitta confirme «C'est bien la voix de Hanna, mais je suis absolument sûre que ce n'est pas elle qui parle: celui qui parle se sert de sa voix comme d'une espèce d'instrument conscient» (p 23). Gitta précise par ailleurs que «jamais Hanna n'a été en transe, ni dans un état particulier, ni même les yeux fermés pendant les entretiens». Dans la suite du livre, le mot "ange" apparait fréquemment dans les commentaires de Gitta, moins souvent dans le texte lui-même.

Gitta définit l'ange comme son «pareil de lumière», en référence à la parole qui lui était destinée: «Tu es mon pareil plus dense» (p.75). A la lecture des "Dialogues", on peut s'apercevoir que les enseignements sont personnalisés, que chacun a son ange. Celui de Lili, «celui qui aide» (p.36) s'exprime avec tendresse, celui de Gitta, «celui qui rayonne» (p.201) est beaucoup plus sévère.

A Budapest, alors que la déportation massive des juifs a commencé, les anges instructeurs, selon Gitta Mallasz, cédèrent la place au «chœur des anges (...) des êtres puissants, infiniment lointains».

Toujours, selon les explications de Gitta, les anges voyaient avec acuité ce qui se passait intérieurement chez les quatre amis, ils avaient des pouvoirs guérisseurs et leur enseignement pouvait être accompagné de visions. Mais elle affirme aussi que la nature de l'ange est difficile à saisir, qu'il est à la fois l'être le plus proche de l'humain, mais qu'en une seconde il peut se retrouver dans des régions inaccessibles. Alors que Lili demande au sien ce qu'est l'âme, il lui est répondu: «Tout est corps. Ce qui est insaisissable pour toi, l'âme, pour moi est un mur épais» (p106).

Gitta explique encore qu'une loi commune lie anges et hommes: la réciprocité. Elle raconte que lorsqu'ils apprirent les horreurs de l'extermination raciale, les quatre amis furent désespérés et les anges aussi car leur faiblesse risquait de compromettre leur tâche. «Car notre chemin est devenu un: ou nous périssons avec vous, ou nous nous purifions avec vous» (p252).

Les Dialogues

La forme et le contenu des Dialogues avec l'ange évoluent avec les événements qui secouent la Hongrie. A Budaliget, Gitta, Lili et Joseph reçoivent un enseignement personnalisé en réponse à leurs questions. Quand commencent les déportations, et qu'ils retournent à Budapest, le ton change. Plus de questions personnelles, le langage se modifie, le rythme devient plus pressant. Alors qu'à Budaliget, les rencontres se déroulaient régulièrement le vendredi à 15 heures, les anges interviennent dorénavant quand ils l'estiment nécessaire, donnant un enseignement universel.

L'enseignement

Les thèmes des Dialogues sont multiples et pourtant le message peut se résumer à «être un avec LUI (traduction du pronom hongrois Ő qui n'est ni masculin ni féminin et qui peut être identifié à Dieu)». Ces 88 entretiens, qui parlent de l'humain, du divin, de la lumière, de la force et de la mort, qui offrent un point de vue sur la marche de l'univers, ne s'adressent pas seulement à la réflexion du lecteur mais sollicitent d'autres niveaux de compréhension.

Évoquant l'amour divin et commençant comme un enseignement personnel pour les quatre amis, ces Dialogues s'achèvent par une série de psaumes prophétiques. Dans l'apocalypse de la seconde guerre mondiale, au cœur de l'Europe en feu, ils annoncent la fin d'un monde, mais aussi l'avènement d'une ère nouvelle. Dans les Dialogues, l'univers est en perpétuel devenir («le germe est la mort du grain» (p149)) et l'homme en est le «grand transformateur» (p172).

En fait, les Dialogues appellent leurs lecteurs à un accomplissement individuel - corps, âme et esprit - invitant pour progresser à s'orienter vers le bien («n'aie soif que du bon et du nouveau» (p96)) plutôt que vouloir combattre le mal qui «est le bien en formation, mais pas encore prêt» (p173), tandis que «le monde nouveau ne peut être bâti que de beauté» (p138).

Deux verbes reviennent constamment, constituant la clé de voûte de l'éthique des Dialogues :

- «Demander» : c'est à l'homme qu'il revient de faire le premier pas en invoquant son ange, faute de quoi celui-ci ne peut pas donner.
- «Donner» : sans autosatisfaction ni recherche d'un mérite quelconque, mais avec la conscience de participer librement au divin.

«Le plus grand don qu'Il nous a donné est que nous puissions DONNER. C'est ainsi que nous devenons et que nous sommes: LUI» (p298).

De quelle nature est cet étonnant enseignement? Il ne se définit certainement pas comme une religion nouvelle et Gitta Mallasz se défendait avec véhémence d'être un gourou. Ce qui est frappant, en revanche, c'est son universalisme: certaines phrases pourraient être dites par un moine zen ou un maître du Védanta; la symbolique de la menorah (le chandelier à sept branches des juifs) est développée tout au long des entretiens ; enfin, les références au christianisme sont nombreuses: les rencontres ont lieu le vendredi à 15 heures, heure de la mort du Christ, et chaque fête - Noël, Pâques, Pentecôte ou la Saint Michael - donnent lieu à des entretiens référencés. Jésus, est fréquemment cité, surtout dans les derniers entretiens, quand viendra l'heure du sacrifice.

Les Dialogues avec l'ange sont «un guide pratique pour notre période de transition», disait Gitta Mallasz. Il s'agit d'un texte, aux accents messianiques, mais qui incite à l'éveil spirituel, en exaltant aussi les valeurs contemplatives: silence et joie.

Extraits:

Dernier entretien n°88:

"Au commencement était le silence.

Du sein du silence est né le son.

Le son est l'amour.

Le son est le Fils du Seigneur.

Le Seigneur est le silence.

Au sein du silence reposait le son.

Il est devenu corps.

Il est né.

L'amour est la première projection.

Le corps n'est rien d'autre,

qu'amour devenu matière.

C'est Lui qui œuvre.

Le son est élan.

La création est projection,

matière faite de l'amour divin.

Ainsi est née la vie.

Sont nés, d'un son, les sept.

De l'Un, les deux contraires,

qui s'attirent et se repoussent.

D'un son, les sept.

Des sept – tous les degrés de vie, merveille !

Suite infinie de sons.

La création chante, résonne.

Symphonie divine.

Suite infinie de sons et cependant sept.

Les deux contraires et le sept sont la clef de tout.

Les deux contraires concentrent et dispersent.

Mais sur le plan sacré, sur la ligne sacrée,

ils sont attraction, concentration.

Le Seigneur est silence.

Le Seigneur est son.

Le Seigneur est harmonie-amour […]."

"La voie qui mène à la perdition est large." Etroite est la vraie, étroite, car l'homme ne peut y passer que seul. Et c'est Lui-même qui fraie le chemin. Le "jamais-vu" éclaire la voie. Le "jamais-entendu" vous guide." 

"Il n'est ténèbres qu'au-dehors, au-dedans, ce n'est pas possible. Il n'y a de bruit qu'au-dehors, mais au-dedans naît le silence. Il n'y a de temps qu'au-dehors, et c'est au-dedans qu'il s'arrête. Il n'y a de mort qu'au-dehors, et c'est au-dedans qu'est la vie. L'âme ne s'égare qu'au-dehors, au-dedans, son nid éternel."

"Le vase est encore opaque. Si, dedans, le sept est incandescent, sa paroi devient transparente. Sa gloire traverse la paroi. Il n'y a plus ni mort, ni bruit, ni souffrance. Au-dedans, le temps s'arrête .Lui, Il fait signe, et tout être se met à chanter, par vous, soyez dans la joie." 

"La co-naissance est la clef. Mystère caché. Lorsque sa lumière apparaîtra, tous verront par elle. La co-naissance est le sept. La co-naissance est le lien entre les deux contraires.La co-naissance est en vérité: amour." 

"Toute ivresse est avant-goût du sans poids. C'est pour cela que l'homme la recherche… mais sur le mauvais chemin. Soyez ivres de Dieu! C'est cela le symbole du vin, c'est son sang. Vertu, bonté, bonnes intentions ne sont que pots ébréchés, pots vides, sans la boisson. Avec une soif inextinguible soyez assoiffés de l'ivresse, qui seule peut délivrer."

"Que voulez-vous donner, s'il n'y a rien en vous !Vous êtes des pots misérables sans la boisson. A celui qui vraiment demande à boire, la boisson est donnée." 

"L'indice est la joie. Je ne peux pas dire mieux. C'est un indice sûr. Une seule place où trouver la joie: au-delà de la personne." 

"Lui est silence, Lui qui est toujours avec vous. Son enseignement est aussi silence. Ce qui est silence ne peut être dénaturé. Aussi celui qui se cache derrière tous les mensonges ne peut s'y glisser. L'invisible ne peut être figuré. Ainsi Lui ne peut être défiguré." 

"Lui donne éternellement,
Lui ne se lasse jamais,
Lui le Tout-Puissant.
Agir n'est possible que par Lui.
Toute lumière, Il en est la source.
Tout espace, Il en est la base.
Tout être qui a la foi, c'est Lui.
Tout chant s'élève jusqu'à Lui.
Ne meurt pas celui qui le sert.
Tout parfum monte auprès de Lui.
Ne connaît pas la fatigue celui qui s'élance vers Lui.
Toute montagne se dresse vers Lui.
Qui cherche, trouve le chemin,
Tout autre chemin aboutit au néant.
Toute parole s'efface devant Lui.
Lui est la maison - et Lui est l'habitant." 

"Tu ne connais pas encore la vie car tu es en train de naître. Une vie viendra en comparaison de laquelle la vie actuelle est: mort."

"Si tu t'inclines devant Lui qui seul est digne, tu seras redressée." 

"Chaque pas vers Lui est un éveil. Chaque existence, pas seulement la vôtre, n'est que rêve. Un rêve subtil… de plus en plus subtil… mais un rêve. Un seul éveil: Lui." 

"Il n'y a qu'un seul péché - se détourner de Lui. Que chacun de vos actes, chacune de vos pensées soit devant Lui comme une fleur épanouie, et il n'y aura plus de péché." 

"Si Lui est grand en toi, toute tâche est petite, minime, facile." 

"Si tu L'aimes, tu aimes tout. Si tu n'aimes pas assez, c'est Lui que tu n'aimes pas assez. Car tout est son œuvre." 

"Aime-Le dans la perfection, aime-Le dans l'imperfection, car tout est son miroir." 

"Le rideau s'appelle "je". Si tu l'ouvres tu seras Lui, et tu ne poseras plus aucune question, car Lui sait tout." 

"Celui qui croit posséder en propre la force est égaré.La force du faible c'est Lui." 

"L'ange est encore couleur. Mais Lui, l'Un, est lumière blanche." 

"Que toute pensée, tout acte et tout repos Lui soient offerts, et tout conduira à Lui." 

"Si vous vivez en Lui il n'y a plus de peur." 

"Que le sourire ne vous quitte jamais! Qui ne le découvre pas demeure prisonnier. Eternellement libre est celui qui agit par Lui."

 "Il n'existe qu'une seule vérité; Il est. Nous tous, ne sommes que des images: ange, homme, animal, fleur, pierre, ne sont que des images, car Lui est tout." 

"L'adoration n'est rien d'autre que l'union avec Lui." 

"Si tu L'adores, cela te remplit. Il n'y aura plus de place pour rien d'autre." 

"Seul celui qui est nu peut recevoir de Lui le vêtement de lumière." 

"Vous ne soyez pas avec Lui, mais soyez Lui." 

"Tout ce que tu fais pour Lui est béni." 

"Si tu es uni à Lui, la grâce émane de toi." 

"Tout revit avec Lui, en Lui, par Lui."


"Quelle est la différence entre la main droite et la main gauche? Il n'y a ni droite ni gauche, parce que ce n'est pas la main qui agit, mais le coeur et il est UN. Si ce n'est pas lui qui agit, alors les deux mains sont gauches."

"Pourras tu supporter la sphère? Je réponds avec légèreté, sans vraiment comprendre la question: oui. En es-tu digne? Es-tu assez pure pour cela? Je commence à perdre mon assurance. C'est toi qui le sais. (Hanna sent que celui qui parle à travers elle me regarde comme une enfant étourdie qui ne sait pas ce qu'elle dit.) La sphère est plus lourde que le globe terrestre....mais l'ENFANT jour avec elle parce qu'il est fait de la même matière: de LUMIÈRE."

"Savez-vous ce qu'est le beau? L'acte du bon serviteur, ce qui est le plus nécessaire. Le corps se meut, c'est nécessaire. La danse est le plus, et si elle est vraiment danse, c'est beau. La voix est nécessaire. Le chant est le plus. Il est nécessaire de représenter en image, mais ce qui vient en plus, c'est le beau. Le monde nouveau ne peut être bâti que de beauté."

"Pourquoi ma mémoire est-elle mauvaise? Parce que ton passé est mauvais. Tu n'aimes pas t'en souvenir. Tu l'as dissimulé derrière des rideaux épais."

"Plus grand est l'obstacle, plus grande est la confiance en ta force. La grandeur de l'obstacle n'est pas punition, mais confiance."

"Je vous dis un grand secret: ne faites pas de projet avec la tête, avec la tête exécutez!"


"LA JOIE EST L'AIR DU MONDE NOUVEAU ..."

"CAR IL N'Y A PAS DE MAL,
IL N'Y A QUE LA TÂCHE QUI N'EST PAS RECONNUE.
Son non-accomplissement te détruit.
C'est en cela que le mal est le berceau de la Joie.
En vain vous fuyez le mal !
Il n'y a pas de mal —
éternelle question de l'homme ! —
et personne ne le sait.
Je vous le déclare :
LE MAL EST LE BIEN EN FORMATION,
MAIS PAS ENCORE PRÊT."

"LE SOURIRE EST PONT AU-DESSUS DE L'ANCIEN ABÎME.
Entre l'animal et ce qui est au-delà de l'animal, —
un abîme profond.
Le sourire est le pont.
Pas le rictus, ni le rire. Le sourire.
Le rire est le contraire des pleurs.
Le sourire n'a pas de contraire."

"Attention, ne semez pas le grain dans la terre!
Il y a assez de blé,
les greniers sont pleins depuis longtemps,
mais le Ciel est vide.
Personne n'y a encore semé du grain.
SEMEZ LE GRAIN LÀ OÙ PERSONNE NE L'A JAMAIS OSÉ."

"Semez le grain ! Vous êtes le semeur et le grain,
ET LE SEMEUR SE SEME LUI-MEME."

"Votre chemin n'est pas d'améliorer, d'amender.
Votre chemin est ce qui n'a pas encore existé :
Création par la Force,
La Force Sacrée,
Force qui vient de Dieu, qui retourne à Dieu,
Dans la joie de l'ivresse : Circulation divine
."

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