Miracle de Lourdes : les rapports sur la guérison de Serge Perrin

Voici les rapports officiels présentés le 17 octobre 1976 au Comité International de Lourdes, relatif à la guérison subite et totale de Serge Perrin (témoignage vidéo archives INA), 64e guérison miraculeuse sur 72 reconnue par l'Église catholique, et survenue au Sanctuaire de Lourdes le 1er mai 1970. Il souffrait d'une paralysie totale de son côté droit, une perte quasi-totale de la vue, et l'obligation de se déplacer en fauteuil roulant.

Au moment des faits, il se trouvait dans un état de dégradation physique extrême, se considérant lui-même au seuil de la mort. C'est alors qu'il a ressenti une intense chaleur l'envahir à travers tout le corps, et instantanément, il a pu se lever de son fauteuil, marcher sans aide, et recouvrer une vue normale sans aucune séquelle.
4 Jésus leur répondit: Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez: 5 les aveugles voient, les paralysés marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. 6 Heureux celui qui ne perdra pas la foi à cause de moi ! (Matthieu 11, 4-6)

PRÉAMBULE: LE TÉMOIGNAGE DE SERGE PERRIN (INA)
"Ma femme tenait à ce que je parte à Lourdes, alors pour lui faire plaisir j'ai accepté. Je savais, que je meurs là-bas ou ici, maintenant ça m'était complètement égal. Mais je suis parti à Lourdes sans conviction d'être guéri.
Journaliste: Et vous avez justement failli mourir à Lourdes...
Oui, puisque la dernière nuit j'étais très mal, je suis tombé dans un état comateux, dans le coma, et un médecin quand il a fait sa ronde, il s'est aperçu dans quel état j'étais, il est descendu voir le brancardier pour lui demander de bien vouloir préparer le cercueil, pour me mettre dedans dans la nuit, car on est plusieurs dans les chambres, et malheureusement quand il y en a un qui meurt, on le garde pas là.
Journaliste: Vous pouvez raconter en deux mots ce qui s'est passé?
En fin de compte, quand je suis arrivé à la basilique Saint Pie X, où avait lieu la cérémonie, on m'a donné un livret pour suivre la cérémonie, et je l'ai mis sur le coté droit de ma voiture, et à nouveau je suis tombé dans un état comateux. Je serais incapable de vous dire comment s'est déroulé la cérémonie, je ne voyais plus rien, je n'entendais plus rien.
Enfin, les prêtres sont passés dans les rangs. Un prêtre est passé, et au lieu de me prendre les mains, m'a fait l'onction sur le front et les deux mains. Et à ce moment là, les oreilles se sont débouchées, faisant un certains bruits comme lorsque, vous savez, vous débouchez une bouteille. Et j'ai entendu les paroles d'un cantique que je n'avais jamais entendu à l'époque, et je l'ai entendu bien des fois depuis.
J'ai entendu "Souviens-toi de Jésus-Christ ressuscité d'entre les morts".
Puis quand la cérémonie est... alors à ce moment là, j'ai senti d'abord une chaleur inhabituelle à mes deux orteils, puis cette chaleur a commencé à me gagner les jambes puis les cuisses. Et quand la cérémonie a été terminée, on m'a ramené dans ma chambre. Là, j'ai demandé à aller aux toilettes. Et.... ma femme a voulu m'aider à me lever, et je lui ai dit: "Tu sais, je peux très bien me lever tout seul!"...

Intervention de Mgr Orchampt, Evêque d'Angers:
"Pour moi, ça a été un moment très grave, je dois le dire, parce que je me méfie toujours des phénomènes qui sont un peu exceptionnels. Et j'étais sceptique au départ. Lorsque j'ai vu l'ensemble des éléments apportés par les médecins, croyants et non-croyants, avec des qualifications certaine; lorsque j'ai vu ensuite l'étude faite par les canonistes qui avaient étudié la question, j'ai repris le dossier, j'ai revu leurs conclusions, et je me suis rendu compte, de fait, qu'on ne pouvait interpréter cette guérison humainement.
Il y avait donc eu l'intervention d'un autre, que j'appelle le Seigneur."

I. SYNTHÈSE DES RAPPORTS OFFICIELS
Docteur Pierre MOUREN, Professeur à la Faculté de Médecine, Médecin Chef du Service des Maladies Nerveuses des Hôpitaux de Marseille
Docteur Dominique BARTOLI, Ophtamologiste des Hôpitaux de Troyes
Page 43 et s. des rapports présentés au Comité International de Lourdes
En 1964, Serge Perrin (né le 13 février 1929 à Le Lion d'Angers) était marié avec trois enfants. Il assurait les fonctions de comptable dans une entreprise voisine.
Dans son enfance, il avait souffert d'une otite suppurée chronique, avec perte de l'audition, du côté gauche; à 16 an, il aait eu des "manifestations" plus intenses que d'habitude, après une "insolation".
Il avait donc eu, jusqu'à 35 ans, une bonne santé, menacée toutefois par une hérédité à haut risque (hypertension, accidents vasculaires et obésité).
Quand, en février 1964, il ressent, au lever, des maux de tête violents... Il éprouve rapidement des difficultés à la marche, des troubles de la parole et commet de nombreuses erreurs dans son travail.
Rentré chez lui, il est trouvé atteint d'une hémiplégie droite, prédominante au niveau du membre inférieur, par le Dr E. Sourice, médecin traitant.
Très vite, confirmation de cet état est demandée à un neurologue médical, d'abord; puis chirurgical, le Prof. Pecker (Prof. de la Clinique Neuro-Chirurgicale de Rennes). Ce dernier entreprit d'emblée des explorations multiples , visant toutes à déterminer la cause d'une maladie si grave en puissance.
Rien ne put être mis en évidence... et à cause de la tendance régressive de ce handicap, on n'alla pas plus loin... Un traitement médical adjuvant fut prescrit..., et trois mois après le début, il put reprendre son travail.
Pendant près de cinq ans, rien de notable, une vie normale...
Et puis, tout aussi brutalement qu'en 1964, le 2 décembre 1968:
- même tableau clinique (sans tendance régressive cette fois)
- même processus de prise en charge médicale...
Et, en février 1969, S. Perrin se retrouve chez le Prof. Pecker. Là, de nouvelles artériographies carotidiennes sont explicites... Il s'agit bien d'une "thrombose carotidienne gauche" confirmant les signes neurologiques. Malheureusement, aucune amélioration n'est perceptible ni spontanément, ni à cause d'une traitement prescrit!...
Aussi, en avril 1969, nouvelle consultation à Rennes. On note alors:
- "une tendance à la bilatéralisation du syndrome d'insuffisance circulatoire cérébrale";
- des modifications significatives de l'acuité et des champs visuels.
la médecine semble impuissante... les médecins le laissent entendre... Aussi, part-il pour Lourdes en avril-mai 1969... dont il revient plus courageux sans doute, mais dans le même état.
Et là, s'installent pendant une année entière:
- une invalidité croissante (officiellement délivrée - en 3ème catégorie - à partir d'octobre 1969);
- des signes sensoriels d'aggravation (quasi-cécité et rétrécissement extrême des champs visuels);
- des sorties d'"eclipses cérébrales", de plus en plus fréquentes.
Les traitements n'ont aucun effet. Le moral est au plus bas...
Malgré tout, il retourne à Lourdes, fin avril 1970 "pour faire plaisir aux siens"... Voyage aller et séjour difficiles, pénibles même à certains moments...

Serge Perrin
Quand le dernier jour, le 1er mai, à la fin de l'Onction des Malades, il éprouve des sensations, jamais ressenties dans les pieds.
Quelques heures après, il se rend compte qu'il a retrouvé toutes ses possibilités visuelles... qu'il peut à nouveau marcher sans aide, ni cannes.
Et déjà, c'est le départ... Ce qui l'empêche d'être examiné au Bureau Médical de Lourdes. Et c'est chez lui que l'on "constatera" sa guérison.
D'abord, son médecin traitant et toute l'équipe des Médecins du Pèlerinage. Puis le Prof. Pecker et le Dr Drevillon, ophtamologiste, avec l'aide d'examens appropriés, estiment à leur tour, qu'il ne reste rien de son ancien handicap. sa circulation cérébrale se fait de façon normale, ce qui explique la disparition de ses déficits sensitivo-moteurs..., la suppression de ces "éclipses", sa vision revenue. Et après coup, à l'occasion d'un nouvel examen des artériographies carotidiennes, on s'aperçoit qu'il est "impossible d'affirmer qu'il existait en 1969, une thrombose, les images d'obstruction pouvant être consécutives à un spasme", dû à une erreur technique.
Mais ceci, pour le Prof. Pecker, n'a pas une valeur essentielle, et il écrit, le 30 mai: "le caractère remarquable de cette guérison reste toujours aussi surprenant... même si le test artériographique n'est pas exploitable. Je prends position pour affirmer que cette guérison subite est inhabituelle, devant un syndrome d'ischémie cérébrale".
À partir du 1er mai 1970, sa santé reste excellente. Au point qu'avant la fin de l'année, il change de catégorie d'invalidité!


Il revient à Lourdes à quatre reprises en deux ans, et le Bureau Médical, le 4 mai 1972, admet que ce syndrome de "sténose (ou thrombose) carotidienne gauche d'abord, puis bilatéralisée" a été guérie "de façon parfaite, instantanée et durable", et qu'il y a lieu "de tenir cette guérison pour acquise et certaine". Enfin, il juge à propos de confier ce dossier à l'appréciation du Comité Médical International de Lourdes.
Avant que celui-ci n'intervienne, les circonstances font qu'une Commission Médicale Diocésaine (nommée par Mgr Mazerat, Évêque d'Angers), est amenée à proposer après examen, les mêmes conclusions, en novembre 1973.
Enfin, le C.M.I.L., en octobre 1976, à la suite de deux rapports du Prof. Mouren (Méd.-Chef du Service de Neurologie de Marseille) et du Dr Bartoli (Ophtamologiste du C.H. de Troyes), admet à l'unanimité que "Monsieur S. Perrin a présenté une hémiplégie récidivante organique, avec lésions oculaires, par troubles circulatoires cérébraux, sans qu'il soit possible d'apporter une précision sur la nature et le niveau des lésions vasculaires.
La guérison de cet état, en l'absence de traitement efficace, par son caractère d'instantanéité, et l'absence de vraies séquelles, certaine et stable depuis six ans, peut être considérée comme acquise de façon tout à fait inhabituelle, du point de vue médical".
Le Comité Médical International fait sienne cette proposition à l'unanimité des présents.
La Commission Canonique diocésaine, nommée par le nouvel Evêque, commence le procès ecclésiastique en novembre 1977. Elle propose, après un discernement exemplaire, en mai 1978, des conclusions favorables.
Si bien que, le 22 juin 1978, Mgr Orchampt, Evêque d'Angers, prend acte du fait que cette guérison est "humainement inexplicable". Il en reconnaît "le caractère miraculeux"... et invite les chrétiens à discerner dans ce signe, un acte de l'amour miséricordieux du Seigneur.
II. COMMUNIQUÉ DU COMITÉ MÉDICAL INTERNATIONAL DE LOURDES
Pages 41-42 des rapports présentés au Comité International de Lourdes
Dans sa séance du 17 octobre 1976 à Paris, et en présence de Monseigneur Henri Donze, Evêque de Tarbes et Lourdes, Le Comité Médical International de Lourdes, représenté par 15 de ses membres, autour du Professeur Henri Barrière, son Président, a eu à prendre position vis-vis de la guérison à Lourdes de M. Serge Perrin du Diocèse d'Angers, survenue le 1er Mai 1970.
L'étude en avait été confiée au Professeur Pierre Mouren, Professeur à la Faculté de Médecine, Médecin-Chef du Service des Maladies Nerveuses des Hôpitaux de Marseille, pour la partie neurologique; et au docteur Dominique Bartoli, Chef de Service du Centre Hospitalier de Troyes, pour la partie ophtamologique.
Voici la conclusion de ces deux rapports:
- "En conclusion, l'étude du dossier et l'examen de M. Serge Perrin nous conduisent à conclure qu'il a présenté des troubles vasculaires cérébraux s'exprimant par des manifestations neurologiques diverses.
Ces manifestations neurologiques ont évolué et guéri d'une façon médicalement inhabituelle" (Dr P. Mouren).
- Ma conviction absolument formelle est que l'on se trouve devant une atteinte profondément organique des voies optiques qui a guéri d'une façon absolument inexplicable sur le plan médical, surtout si l'on tient compte de l'extrême rapidité de cette guérison, de sa restitution pratiquement ad integrum (...) et du fait qu'elle se maintient encore à l'heure actuelle, 6 ans après la guérison constatée à Lourdes." (Dr D. Bartoli)
Une discussion très approfondie a suivi l'exposé des rapports et a mis en évidence plusieurs points particuliers:
1) la réalité non-négligeable, liée à un terrain familial et personnel, d'une tendance aux accidents vasculaires cérébraux;
2) l'évidence organique des manifestations neurologiques itératives et des lésions oculaires;
3) la guérison tout à fait subite et totale de ces divers ordres de fait (avec cependant persistance de séquelles au fond d'oeil) qui peut être jugée suffisamment durable aujourd'hui, puisque datant de 6 ans;
4) l'inefficacité du traitement médical antérieur, prescrit pendant plus d'un an;
5) l'impossibilité (due à l'absence d'indications certaines, irrécusables du bilan radiologique, avant et après la guérison) d'avancer un diagnostic étiologique (ou anatomique) précis;
6) enfin, les traits psychologiques du caractère du patient ont été pris en considération.
À l'issue de cette étude au cours de laquelle les rapporteurs ont répondu aux remarques (de détail) faites à leur rapport, les conclusions en sont maintenues par leurs auteurs.
De telle façon que la proposition suivante est donc soumise au vote: "Monsieur Serge Perrin a présenté une hémiplégie récidivante organique, avec lésions oculaires, par troubles circulatoires cérébraux, sans u'il soit possible d'apporter une précision sur la nature et le niveau des lésions vasculaires.
La guérison de cet état, en l'absence de traitement efficace, par son caractère d'instantanéité et l'absence de vraies séquelles, certaine et stable depuis 6 ans peut être considéré comme acquise de façon tout à fait inhabituelle, au point de vue médical".
Le Comité Médical International fait sienne cette proposition à l'unanimité des présents. (Prof H. Barrière)





III. RAPPORT SUR UN CAS DE GUÉRISON OBSERVÉ À LOURDES EN 1970 - Docteur Pierre Mouren, Professeur à la Faculté de Médecine, Médecin Chef du Service des Maladies Nerveuses des Hôpitaux de Marseille
Pages 5-25 des rapports présentés au Comité International de Lourdes
INTRODUCTION. Le Comité Médical International de Lourdes, réuni en Octobre 1975, nous a confié la mission d'établir un rapport sur la guérison de Monsieur Serge PERRIN.
Conscient de l'honneur qui nous était fait et de l'importance de cette mission, nous avons tenu, après avoir pris connaissance du volumineux dossier, à solliciter de nouveau l'opinion des principaux médecins ayant connu ou soigné cette maladie.
Pour avoir plus de précision, nous nous sommes rendu le 22 mars 1976 au LIOn d'ANGERS (Maine-et-Loire) où réside Monsieur PERRIN. Nous nous sommes entretenu avec le Docteur SOURICE, médecin traitant qui, après nous avoir fait part de ses observations, nous a aimablement accompagné chez Monsieur PERRIN, que nous avons eu tout loisir d'interroger et d'examiner longuement.
Le présent rapport est donc la conclusion de cette enquête et de nos réflexions.
Nous remercions Monsieur le Docteur BARTOLI, de Troyes, d'avoir accepté de se charger de la partie ophtamologique qui dépassait notre compétence.
Nous tenons à exprimer toute notre gratitude aux Confrères qui nous ont aidé dans ce travail, et particulièrement aux Docteurs DREVILLON, FRESNEAU, PASQUIER et SOURICE, qui ont établi un rapport très documenté à la demande de Monseigneur MAZERAT, Evêque d'Angers, rapport auquel nous avons fait de nombreux emprunts.





















