Miracle de Lourdes : le rapport sur guérison de Serge Perrin

31/07/2026

Voici les rapports officiels présentés le 17 octobre 1976 au Comité International de Lourdes, relatif à la guérison soudaine et totale de Serge Perrin (témoignage vidéo archives INA), 64e guérison miraculeuse reconnue par l'Église catholique, et survenue au Sanctuaire de Lourdes le 1er mai 1970. Il souffrait d'une paralysie totale de son côté droit, des lésions oculaires graves entraînant une perte quasi-totale de la vue, et l'obligation de se déplacer en fauteuil roulant. 

Au moment des faits, il se trouvait dans un état de dégradation physique extrême, se considérant lui-même au seuil de la mort. C'est alors qu'il a ressenti une intense chaleur l'envahir à travers tout le corps, et instantanément, il a pu se lever de son fauteuil, marcher sans aide, et recouvrer une vue normale sans aucune séquelle.

4Jésus leur répondit: Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez: 5les aveugles voient, les paralysés marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. 6Heureux celui qui ne perdra pas la foi à cause de moi ! (Matthieu 11, 4-6)

SYNTHÈSE (p.43)

En 1964, Serge Perrin (né le 13 février 1929 à Le Lion d'Angers) était marié avec trois enfants. Il assurait les fonctions de comptable dans une entreprise voisine.

Dans son enfance, il avait souffert d'une otite suppurée chronique, avec perte de l'audition, du côté gauche; à 16 an, il aait eu des "manifestations" plus intenses que d'habitude, après une "insolation".

Il avait donc eu, jusqu'à 35 ans, une bonne santé, menacée toutefois par une hérédité à haut risque (hypertension, accidents vasculaires et obésité).

Quand, en février 1964, il ressent, au lever, des maux de tête violents... Il éprouve rapidement des difficultés à la marche, des troubles de la parole et commet de nombreuses erreurs dans son travail. 

Rentré chez lui, il est trouvé atteint d'une hémiplégie droite, prédominante au niveau du membre inférieur, par le Dr E. Sourice, médecin traitant.

Très vite, confirmation de cet état est demandée à un neurologue médical, d'abord; puis chirurgical, le Prof. Pecker (Prof. de la Clinique Neuro-Chirurgicale de Rennes). Ce dernier entreprit d'emblée des explorations multiples , visant toutes à déterminer la cause d'une maladie si grave en puissance.

Rien ne put être mis en évidence... et à cause de la tendance régressive de ce handicap, on n'alla pas plus loin... Un traitement médical adjuvant fut prescrit..., et trois mois après le début, il put reprendre son travail.

Pendant près de cinq ans, rien de notable, une vie normale...

Et puis, tout aussi brutalement qu'en 1964, le 2 décembre 1968:

- même tableau clinique (sans tendance régressive cette fois)

- même processus de prise en charge médicale...

Et, en février 1969, S. Perrin se retrouve chez le Prof. Pecker. Là, de nouvelles artériographies carotidiennes sont explicites... Il s'agit bien d'une "thrombose carotidienne gauche" confirmant les signes neurologiques. Malheureusement, aucune amélioration n'est perceptible ni spontanément, ni à cause d'une traitement prescrit!...

Aussi, en avril 1969, nouvelle consultation à Rennes. On note alors: 

- "une tendance à la bilatéralisation du syndrome d'insuffisance circulatoire cérébrale";

- des modifications significatives de l'acuité et des champs visuels.

la médecine semble impuissante... les médecins le laissent entendre... Aussi, part-il pour Lourdes en avril-mai 1969... dont il revient plus courageux sans doute, mais dans le même état.

Et là, s'installent pendant une année entière:

- une invalidité croissante (officiellement délivrée - en 3ème catégorie - à partir d'octobre 1969);

- des signes sensoriels d'aggravation (quasi-cécité et rétrécissement extrême des champs visuels);

- des sorties d'"eclipses cérébrales", de plus en plus fréquentes.

Les traitements n'ont aucun effet. Le moral est au plus bas...

Malgré tout, il retourne à Lourdes, fin avril 1970 "pour faire plaisir aux siens"... Voyage aller et séjour difficiles, pénibles même à certains moments...

Serge Perrin

Quand le dernier jour, le 1er mai, à la fin de l'Onction des Malades, il éprouve des sensations, jamais ressenties dans les pieds.

Quelques heures après, il se rend compte qu'il a retrouvé toutes ses possibilités visuelles... qu'il peut à nouveau marcher sans aide, ni cannes.

Et déjà, c'est le départ... Ce qui l'empêche d'être examiné au Bureau Médical de Lourdes. Et c'est chez lui que l'on "constatera" sa guérison.

D'abord, son médecin traitant et toute l'équipe des Médecins du Pèlerinage. Puis le Prof. Pecker et le Dr Drevillon, ophtamologiste, avec l'aide d'examens appropriés, estiment à leur tour, qu'il ne reste rien de son ancien handicap. sa circulation cérébrale se fait de façon normale, ce qui explique la disparition de ses déficits sensitivo-moteurs..., la suppression de ces "éclipses", sa vision revenue. Et après coup, à l'occasion d'un nouvel examen des artériographies carotidiennes, on s'aperçoit qu'il est "impossible d'affirmer qu'il existait en 1969, une thrombose, les images d'obstruction pouvant être consécutives à un spasme", dû à une erreur technique.

Mais ceci, pour le Prof. Pecker, n'a pas une valeur essentielle, et il écrit, le 30 mai: "le caractère remarquable de cette guérison reste toujours aussi surprenant... même si le test artériographique n'est pas exploitable. Je prends position pour affirmer que cette guérison subite est inhabituelle, devant un syndrome d'ischémie cérébrale".

À partir du 1er mai 1970, sa santé reste excellente. Au point qu'avant la fin de l'année, il change de catégorie d'invalidité!

Il revient à Lourdes à quatre reprises en deux ans, et le Bureau Médical, le 4 mai 1972, admet que ce syndrome de "sténose (ou thrombose) carotidienne gauche d'abord, puis bilatéralisée" a été guérie "de façon parfaite, instantanée et durable", et qu'il y a lieu "de tenir cette guérison pour acquise et certaine". Enfin, il juge à propos de confier ce dossier à l'appréciation du Comité Médical International de Lourdes.

Avant que celui-ci n'intervienne, les circonstances font qu'une Commission Médicale Diocésaine (nommée par Mgr Mazerat, Évêque d'Angers), est amenée à proposer après examen, les mêmes conclusions, en novembre 1973.

Enfin, le C.M.I.L., en octobre 1976, à la suite de deux rapports du Prof. Mouren (Méd.-Chef du Service de Neurologie de Marseille) et du Dr Bartoli (Ophtamologiste du C.H. de Troyes), admet à l'unanimité que "Monsieur S. Perrin a présenté une hémiplégie récidivante organique, avec lésions oculaires, par troubles circulatoires cérébraux, sans qu'il soit possible d'apporter une précision sur la nature et le niveau des lésions vasculaires.

La guérison de cet état, en l'absence de traitement efficace, par son caractère d'instantanéité, et l'absence de vraies séquelles, certaine et stable depuis six ans, peut être considérée comme acquise de façon tout à fait inhabituelle, du point de vue médical".

Le Comité Médical International fait sienne cette proposition à l'unanimité des présents.

La Commission Canonique diocésaine, nommée par le nouvel Evêque, commence le procès ecclésiastique en novembre 1977. Elle propose, après un discernement exemplaire, en mai 1978, des conclusions favorables.

Si bien que, le 22 juin 1978, Mgr Orchampt, Evêque d'Angers, prend acte du fait que cette guérison est "humainement inexplicable". Il en reconnaît "le caractère miraculeux"... et invite les chrétiens à discerner dans ce signe, un acte de l'amour miséricordieux du Seigneur. 






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