Père Pedro Opeka : la foi qui déplace des montagnes

26/04/2026

Quel est donc cet homme qui a permis de scolariser plus de 21000 enfants, construire 4000 maisons et employer 3800 personnes? C'est Pedro Opeka, prêtre catholique, dans une lutte effrénée contre la grande pauvreté de Madagascar. Son oeuvre humanitaire Akamasoa agit sur tous les fronts: logement, scolarisation, travail, santé, réinsertion sociale... 

Et s'il l'a fait, pourquoi ne le pourrions-nous pas également? Si nous croyons en Jésus de toute notre âme, de toute notre coeur, de tout notre esprit. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Tout commence par des fumées blanches qui s'élèvent sur les hauteurs d'Antananarivo. Elles intriguent le père Pedro, qui décide alors de se rendre sur place avec de jeunes séminaristes, en mai 1989. Il y découvre, avec effroi, femmes, hommes et enfants errant et fouillant à mains nues dans la décharge d'Andralanitra (à une dizaine de kilomètres à l'est de la capitale), parmi les chiens et les porcs, attendant que de nouvelles bennes déversent leurs déchets. 

Il réussit dans l'urgence à convaincre 70 familles de quitter la décharge pour créer un nouveau village sur une terre rocheuse à 7km de la ville, mise à sa disposition par les autorités. Mais c'est loin d'être assez. Il prie pour déplacer des montagnes, et le 29 septembre 1989, il fonde avec ses amis malgaches une association portant le nom d'Akamasoa, «Les bons amis» selon la langue locale, et même «les amis fiables et sincères» pour être plus précis. 

Ses objectifs consistent à redonner tous azimut une dignité humaine aux populations les plus pauvres :

1. Apporter une aide d'urgence temporaire aux personnes démunies

2. Accompagner le retour des familles sans travail aux villages d'origine

3. Construire des logements familiaux pour les sans-abris

4. Scolariser les enfants

5. Fournir les soins de santé

6. Conduire à l'emploi, par les activités de l'association et de l'extérieur 

7. Assurer la formation professionnelle

8. Faire accéder à nos services tous les pauvres des villages alentours

Aujourd'hui, depuis 36 ans d'existence, ce sont plus de 500 000 personnes démunies qui ont bénéficié de son aide dans les 22 villages créés (voir le rapport d'activité 2025 en pdf):

- nombre record de 21529 enfants scolarisés, répartis dans 22 écoles et une université Saint Vincent de Paul reconnus par l'État malgache, avec 805 professeurs et instituteurs assistés de 194 aides enseignants;

sans oublier les 15 cadres dans l'école supérieure, les assistantes sociales, pour 98% de réussite au baccalauréat à Mahatsara, 93% à Manantenasoa, 91% à Andralanitra et 90% à Antolojanahary

- 9132 personnes passées dans le centre d'accueil, dont plus de 500 familles pour des aides d'urgence: alimentation, soins de santé, produits d'hygiène, vêtements, couvertures...

- 4264 logements

Réunion de travailleurs

- 3740 emplois salariés (510 dans les carrières de granit, 1350 ouvriers de construction, 468 travailleurs communautaires, 138 dans l'agriculture; 

mais aussi fabrication de briques, pavage des places, rues et routes, maçonnerie, menuiserie, charpente, construction métallique, mécanique, repas et cantines, fleurissement, nettoyage, artisanat d'art, personnel de santé, professeurs, chefs de villages, gestionnaires, fabrication de spiruline etc.) au surplus d'une équipe de plus de 460 cadres malgaches qui œuvrent au développement de l'association.

- 7 dispensaires, latrines, cabinet de dentiste, bibliothèques, cimetières, stades de foot ou basket dans tous les villages... 

Et chaque année, les membres d'Akamasoa, en particulier les enfants, plantent entre 20000 et 30000 arbres autour des villages, contribuant ainsi à reboiser des parcelles détruites par des incendies dont la plupart, et par tradition pastorale, ont été volontaires.

L'importance de la discipline et de la citoyenneté

La discipline à suivre à Akamasoa s'appelle la Dina, une convention élaborée par les habitants eux-mêmes, et dont les 4 mots d'ordre sont : pas de drogue, pas d'alcool, pas de jeux d'argent et pas de prostitution. Cette Dina, indispensable à la vie en commun et à la vie tout court, est souvent difficile à appliquer, le quotidien restant trop rude pour beaucoup.

La pauvreté ne fait que s'accroitre d'année en année. La violence, l'alcoolisme et les vols ainsi que l'insécurité ne font qu'augmenter. Chaque nuit, une quinzaine d'hommes patrouillent dans nos villages afin de protéger l'association, surtout les biens communs, et ses habitants, aidés par une vingtaine de policiers (2 postes de police : 1 à Andralanitra et 1 à Manatenasoa).

Tous les vendredis et depuis plusieurs années, le père Pedro réunit tous les directeurs et directrices de toutes les écoles d'Akamasoa. Ces personnes dévouées dirigent et éduquent environ 20000 enfants et jeunes. Ils font de la pédagogie, enseignent la discipline et font l'éducation de tous, dès le plus jeune âge. 

C'est une mission extrêmement importante pour que les jeunes d'Akamasoa fassent mieux que leurs parents et puissent s'en sortir un jour en trouvant un emploi et fonder une famille à leur tour. Tout l'espoir se porte sur les enfants. Par ailleurs, les équipes d'Akamasoa sont en permanence présentes pour la population et accordent énormément de temps au soutien moral et psychologique de chaque individu.

Rien d'étonnant alors à ce que 7000 à 9000 personnes - et même près de 10000 en 2026 à Pâques - participent chaque dimanche matin à la messe orchestrée par le père Pedro, dans le stade de Manantenasoa de la cité Akamasoa (8 km à l'est d'Antananarivo). Depuis 2013, il a été proposé à six reprises pour une nomination au Prix Nobel de la paix, avec le soutien notamment des gouvernements de Slovénie et de Madagascar, ainsi que plusieurs parlementaires français, d'associations et organismes canadiens, italiens, français, argentin, australien, slovène ou monégasque.

Jésus leur répondit: Ayez foi en Dieu. Je vous le dis, en vérité, celui qui dira à cette montagne: "Ote-toi de là, et jette-toi dans la mer!" s'il n'hésite pas en son cœur, mais croit que ce qu'il dit arrive, ce sera fait pour lui. C'est pourquoi, je vous le dis, tout ce que vous demandez dans la prière, croyez que vous l'obtenez, et ce sera fait pour vous. (Marc 11, 22-24)

Une reconnaissance internationale et soutiens

Le père Pedro se bat pour autofinancer une grande partie de son association et finance aussi son combat contre la misère en voyageant à travers le monde, tenant des conférences pour présenter le travail et la lutte qu'il mène au quotidien avec Akamasoa pour susciter des dons.

Plusieurs milliers de membres actifs soutiennent régulièrement le père Pedro à travers plusieurs associations en Europe (France, Île de la Réunion, Monaco, Italie, Slovénie, Allemagne, Autriche), en Amérique du Nord (États-Unis), Amérique du Sud (Argentine) et Océanie (Australie).

En France, l'Association des amis de Père Pedro créée en 1994 à l'initiative d'amis français rencontrés lors de ses études à dans les années 1970, fédère les actions de soutien aux actions du Père Pedro, avec plus de 3000 donateurs et adhérents. 97% des fonds récoltés par cette association sont redistribués à Akamasoa.

Sur le site internet de cette Association (www.perepedro.com) le Père Pedro communique régulièrement des informations sur les activités d'Akamasoa. De même, ses présences et conférences en France sont annoncées.

L'alimentation des enfants représente un des gros soucis de l'Association (1,7 million de repas ont été distribués en 2017). Elle peut cependant compter sur l'aide alimentaire de la Slovénie et de l'Australie et sur le soutien de sponsors et d'Associations à travers le monde: principauté de Monaco, Kiwanis, Club service, comme le Lions Clubs et le Rotary International... Des artistes organisent également des concerts pour soutenir Akamasoa.

Son ami, le Père André Marie de Croixrault organise, à travers la France, des conférences et des expositions de ses œuvres afin d'aider le Père Pedro dans sa mission.


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